Claire Claire 27 novembre 2018 18:18

@Tall
@L’enfoiré

Je vis aux USA depuis bientôt 3 ans et je vous assure tous les deux que le problème y est tout aussi criant qu’en Europe, sinon plus. Je suis née aux Antilles, je suis arrivée en France métropolitaine au tout début de mon adolescence et bien que j’ai toujours pensé qu’un jour, je rentrerais vivre sur mon île natale, je ne l’ai jamais fait. Au début il y a eu le lycée, puis les études, ensuite je me suis mise dans la tête de créer une entreprise avec des copains de fac et là ce fut un tourbillon, le temps est passé à toute allure et je me suis retrouvée un jour installée avec mon mari aux USA où notre enfant est né. Alors il y a deux ans, j’ai enfin décidé de retourner en vacances aux Antilles. J’avais envie de retrouver la magie de mon enfance d’emmener mon mari voir ce qu’avait été ma jeunesse. Mon père m’avait mise en garde comme quoi il y avait eu des changements et pas pour le meilleur (!) mais je n’ai pas écouté. Ce que j’ai découvert ne ressemblait plus en rien au monde que j’avais laissé. C’était une île sale, laide et dangereuse dont la culture n’était plus ma culture et qui parlait un créole venu d’ailleurs, que je ne comprenais plus.

Un jour que nous marchions dans la ville mon mari et moi, ayant enfin trouvé un trottoir dépourvu d’excréments humains, nous avons décidé de faire marcher un peu notre fille. Elle avançait entre nous à petits pas quand deux grands gaillards sont passés entre nous et l’ont voltigé à terre. Mon mari leur a hurlé dessus et quand ils se sont retournés et ont répondu en créole, j’ai réalisé quelle erreur il venait de commettre. J’ai compris que j’avais sûrement affaire à des clandestins haïtiens, des gens dont je n’avais aucune idée du nombre de meurtres qu’ils avaient pu commettre chez eux et qu’on laissait se balader tranquillement sur le territoire français. Ces hommes sont revenus vers nous avec un regard haineux. Ils ont regardé ma fille et là j’ai vu mon mari, j’ai vu mon enfant et j’ai compris que ce que ces individus voyaient quant à eux, c’était juste l’enfant d’un homme blanc. L’un d’eux a foncé sur mon bébé comme pour lui mettre un coup de pied alors je me suis baissée pour la protéger de mon corps en hurlant à mon mari de ne pas réagir. En un instant, je me suis vue rentrer aux USA veuve. Un de ces voyou aurait pu sortir un couteau et tuer mon époux. Ça aurait fait cinq lignes dans France-Antilles, voire peut-être rien du tout, car ils évitent aujourd’hui de trop parler des crimes. La police, elle n’aurait sans doute rien fait ! Ces gens n’avaient à coup sûr aucun papier et nul ne se serait soucié d’un mort de plus. Ces hommes m’ont regardée apeurée par terre, ils se sont mis à rire ont craché sur mon mari et sont repartis. Nous, nous avons rappelé notre avion et avons immédiatement ramené notre fille dans ce qui est finalement, son pays, les USA.

Alors quand je prends la défense de Donald Trump face à mes interlocuteurs la plupart pensent que c’est une posture de ma part, que je serais trop instruite pour me faire embobiner par cet homme (et sûrement aussi trop noire, même s’ils ne le disent pas ouvertement). Mais ils se trompent, je comprends ces Blancs qui ont voté pour Trump, je les comprends très bien même. Le monde qui était le mien a été englouti dans cette folie migratoire et je pense très sincèrement que les Américains ont le droit et même le devoir de défendre l’héritage culturel de leurs enfants. Le droit à l’héritage culturel devrait être inscrit dans la charte des droits de l’Homme. De la même façon que nous avons tous des parents qu’il est juste de vouloir connaître, nous avons tous un passé et une histoire qui nous définissent et qu’il est légitime de vouloir donner à nos enfants.

Je ne reviendrai sûrement jamais vivre en France, ça n’a plus d’importance, la France a effacé mon monde et ma culture alors, je n’ai plus rien à y faire. Mais je n’en demeure pas moins triste car je sais parfaitement que ce qui s’est produit dans les Antilles françaises à petite échelle, préfigure l’avenir de l’Europe entière. Et même si j’aimerais de tout mon cœur qu’il existe une solution pour échapper à ce malheur, je sais bien au fond de moi qu’il n’y en a pas. 

Comme tu disais, Tall, il s’agit peut-être là aussi d’une de ces lois immuables de la naturesmiley Tous les pouvoirs quelle que soit leur nature ont peut-être tendance avec le temps à se fragmenter et s’affaiblir avec toutes les conséquences que cela entraîne. 


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