Christian Labrune Christian Labrune 2 janvier 21:10

@Gollum

Vous parlez de « vérités relatives » après avoir évoqué, dans une intervention précédente, la théorie de la relativité en physique. Ca me paraît un peu embarrassant : la relativité de la théorie d’Einstein n’a rien à voir avec un certain relativisme qu’on a pu voir dans les sciences molles, l’ethnologie en particulier, laquelle a souvent brodé assez naïvement sur la vieille formule de Montaigne : « vérité en deça des Pyrénées, erreur au-delà ».

C’est que la science moderne n’a rien à voir avec les moeurs et les croyances locales. Elle est exactement la même pour un Chinois, un Européen ou un Américain.

La théorie de la relativité n’implique évidemment pas qu’il pourrait y avoir plusieurs vérités scientifiques possibles. De fait, elle a été vivement contestée dans ses premières années, mais elle ne le sera plus jamais après les observations astronomiques d’Eddington en 1919. La « vraie » physique est désormais, et jusqu’à la théorie de grande unification qui manque encore, relativiste et quantique.

Je préfèrerais donc qu’on parle, concernant les sciences, de vérités provisoires. Tout chercheur sait très bien depuis Karl Popper que tout résultat est nécessairement falsifiable. S’il prétendait ne pas l’être, on serait dans l’idéologie voire dans la religion, mais assurément pas dans la science. La science, au fond, ne connaît pas la Vérité. Elle connaît fort clairement et distinctement l’erreur, mais mais ce qui ne paraît pas faux pour l’instant, elle ne présuppose aucunement que cela puisse constituer pour autant une vérité éternelle.


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