Christian Labrune Christian Labrune 3 janvier 16:59

@Gollum
Vos citations sont intéressantes et me rappellent bien opportunément que, décidément, je ne pourrai jamais être spinoziste !
Descartes, mathématicien et physicien, ne comprend pas moins bien que Spinoza le déterminisme et c’est peut-être bien pour cette raison qu’il ne se laisse pas enfermer dans cette croyance encore très théologique en une nécessité qui rendrait vaine toute conception de la liberté. Leibniz, dans ses Essais de Théodicée, tombera dans le même piège. 
L’homme de Descartes est libre, celui de Spinoza l’est tout en ne l’étant pas, et le bonhomme emberlificoté dans les conséquences de la notion de nécessité n’aura jamais su se dégager bien clairement de ces difficultés, sinon par des artifices rhétoriques assez peu convaincants.
L’histoire des sciences aura donné raison à Descartes : on sait très bien aujourd’hui que le devenir des systèmes complexes (et le cerveau humain en serait le meilleur exemple) ne peut pas être calculé et prédit, et c’est ce qui a définitivement ruiné la théorie d’un Freud qui croyait « dur comme fer » à un déterminisme psychique en fait inexistant : il en était resté à Laplace.
Pour en revenir au relativisme : dire que nous appelons « mal » ce qui ne serait ni bien ni mal du point de vue d’un Dieu-Nature, ce n’est pas vraiment faire preuve de relativisme. C’est simplement essayer de mettre un peu d’ordre dans les concepts et les dénominations. Spînoza débusque ce qu’il pense être une erreur et il propose de penser autrement l’expérience du réel. Il lui semble que son approche serait moins fausse et gagnerait à être substituée à celle que nous avons héritée des religions révélées. On pourrait parler de relativisme s’il consentait à légitimer le point de vue qu’il critique, mais il ne le fait pas, il y voit une erreur qu’il faut bien se garder de laisser subsister.
Opposons cela à Montaigne considérant les moeurs des « sauvages » d’Amérique. Il ne dit aucunement, lui, qu’ils pensent mal. Il leur trouve autant de raison qu’à nous. Ils sont cannibales ? Et alors , la belle affaire ! N’ont-ils pas leurs raison de l’être comme nous prétendons en avoir, nous, de ne l’être pas ? Ca, c’est vraiment du relativisme !


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