Christian Labrune Christian Labrune 4 janvier 02:09

.Ou alors on peut la garder comme pur dogme formel théophore d’ordre mythologique pour dire ou affirmer symboliquement et mythologiquement que le Jésus mythologique en tant que Christ symbolique est né sans tache en étant d’origine divine .

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@osiris
C’est bien là qu’est le problème, pour les chrétiens, et je ne voudrais pas être à leur place, obligé de replâtrer sans cesse des murs partout fissurés. Considérez par exemple le récit de la création dans la Génèse. Buffon, au XVIIIe siècle, était arrivé à cette conclusion, après bien des observations et des calculs (mais il était loin du compte !) que la terre existait depuis dix millions d’années, mais il n’osa jamais publier ce chiffre, se risquant toutefois à avancer 80 mille ans, à une époque où l’on se fiait encore aux chronologies bibliques pour dater l’origine du monde : « depuis quatre mille ans qu’il y a des hommes et qu’ils pensent », écrivait encore La Bruyère, à la fin du XVIIe siècle. Pour les religieux de l’époque, ces hypothèses scientifiques étaient scandaleuses. Elles ne le sont plus, et l’Eglise, fort heureusement, s’est résignée à faire une lecture purement anagogique de l’ancien testament : le récit de la Génèse n’est plus qu’un mythe pareil à tant d’autres qui ont pu se développer jusqu’à la fin de l’antiquité tardive.

Il y a déjà longtemps, c’est vrai, que certains théologiens s’émeuvent de la naissance d’un Jésus « conçu du Saint-Esprit » et souhaiteraient qu’on cessât d’essayer de faire croire cette sottise à des contemporains qui ne sont quand même pas tombés de la dernière pluie. L’invention du dogme de l’Immaculée Conception (la Vierge aurait été conçue sans péché), qui date du milieu du XIXe siècle, est le dernier coup de force d’une Eglise obscurantiste et qui prétend le rester, dans un siècle où la science commençait à obtenir dans tous les domaines des résultats inespérés. Il est stupéfiant de voir que les apparitions de Lourdes ont pu si bien marcher dans un pareil contexte, mais c’était déjà la fin, et cela ne serait plus possible aujourd’hui. Là encore, vous avez raison de parler de mythologie.

Vous écrivez cependant :

" Par cette même différenciation de Jésus en tant qu’ être humain historique imparfait et le Christ Logos Verbe de Dieu parfait on peut concevoir le principe de la Trinité sans être dans l’ idolâtrie et sans porter atteinte à l’Unicité de Dieu en tant que Un plotinien , en précisant que ce n’est pas l’homme Jésus historique qui l’une des trois hypostases de la Trinité mais le Christ Logos Verbe de Dieu .Le Logos en tant Verbe de Dieu est Dieu en tant que partie de Dieu car Dieu est un être parfait absolu et toute partie de Dieu est aussi parfaite que Dieu et donc aussi Dieu."

C’est bien ça que j’appellerai bricolage ou replâtrage Vous partez du fait qu’on parle de Jésus depuis 2000 ans et donc, qu’il continue d’exister en tant que Christ Logos Verbe de Dieu, indépendamment de l’homme qu’il fut peut-être et dont on ne sait à peu près rien, mais votre Christ Logos est une fabrication de l’Eglise dont on peut dater, de concile en concile, les états successifs de la transformation. Si votre Christ est avant tout Logos, il est essentiellement le Verbe de l’Eglise, et non pas d’un Dieu qui, depuis Moïse, vous serez bien forcé d’en convenir, n’apparaît plus très souvent et s’abstient même de tout discours. Dans un monde qu’elle n’est plus du tout à même d’expliquer, la religion ne peut plus se justifier que par elle-même : il faut bien qu’elle ait quelque raison d’exister, puisqu’elle existe encore. Philosophiquement, ça reste quand même un peu court !


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