Christian Labrune Christian Labrune 10 janvier 00:04

à l’auteur,

Je crains que vous ne vous alarmiez pour pas grand chose ! Dans tout ce qui est de l’ordre du vivant -et la grammaire est bien aussi une espèce de code génétique- des mutations apparaissent. Dans la section « tératologie » du Muséum d’histoire naturelle, d’étranges créatures dorment tranquillement dans leur formol depuis des lustres : canards à trois pattes, veaux à deux têtes, etc. Ces monstres ne sont pas viables, ils disparaissent comme ont disparu les inventions ridicules des pédants et des précieuses de Molière. Il suffit désormais d’entendre un macroneux commencer une phrase par « Celles et ceux » pour qu’on ne daigne même plus en entendre la fin ; cela ressemble à ces altérations qui marquent la tonalité au début d’une partition, et on peut donc tout de suite être assuré que ce qui va suivre sera en connerie majeure.

La peur du ridicule, si on prend soin de ne jamais être témoin de ces fabrications imbéciles sans les stigmatiser, fonctionnera comme un vaccin. Dans moins de cinq ans, cette vérole linguistique sera déjà totalement éradiquée.


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