Christian Labrune Christian Labrune 10 janvier 23:50

Je ne vois pas beaucoup de différence entre l’état de Vincent Lambert cloué sur son lit d’hôpital, accidentellement abruti par ce qu’il a subi, et les sinistres abrutis qui voudraient qu’on l’exécutât par une piqûre, comme un vieux chien dont il n’y a plus rien à tirer pour le divertissement, ou qu’on le laissât crever dans son coin. Je préfèrerais être dans la situation de Vincent Lambert plutôt que dans celle de ces gros cons parvenus à un tel degré d’hébétude intellectuelle qu’ils ne sont même plus en état de se rendre compte qu’ils sont de parfaits salauds.

Il y a déjà longtemps qu’on a pu observer des squelettes bien antérieurs à l’époque historique, présentant des lésions consolidées de fractures qui avaient nécessairement entraîné de graves paralysies. Les hommes de ces époques très primitives avaient donc maintenu très longtemps en vie des individus qui avaient perdu toute autonomie et qui, dans le groupe, ne pouvaient plus être d’aucune utilité. Dans des sociétés où la vie était bien plus difficile et bien plus précaire que dans la nôtre, où l’acte de tuer était aussi banal que pour nous d’aller jusqu’à l’épicerie du coin, ces infirmes constituaient assurément un fardeau, mais on ne songeait pourtant pas à s’en débarrasser. Je disais : « époques primitives ». Mais non, c’était le début de la civilisation, laquelle commence aussi, dit-on, avec les premières sépultures. Et pourtant, ça sert à quoi d’enterrer les morts ? Matériellement, à rien du tout.

Si on laisse sans réagir un certain nombre de connards développer leurs fantasmes pathologiques de bêtes enragées, il viendra un moment où ce sera un crime de couper la corde du pendu ou d’essayer d’empêcher un désespéré de franchir le parapet du Pont-Neuf. Peut-être même qu’on en viendra à armer les pompiers pour qu’ils puissent achever sur place les accidentés. Viva la muerte !


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