Djam Djam 23 janvier 23:11

@ Laconique

On a la « culture » qu’on mérite. Une société en phase terminale (l’occident, quoi qu’on en dise, l’est vraiment) produit des artefacts à l’aune de sa décrépitude. Ce début de siècle poursuit le désastre du précédent : violence, destruction des symboles qui fondent toute civilisation, inversion des valeurs, déni des lois organiques cosmiques, renversement de la verticalité au profit d’un horizon sans aucune profondeur, délitement de la morale au profit d’une éthique creuse... La culture d’une telle époque ne peut proposer que des « produits ». Aucun génie, aucune fulgurance, aucune puissance ni aucune harmonie. De la laideur, de la dépression, de la vacuité symbolique, en un mot : de la merde.

La littérature authentique est introuvable dans les librairies et les grands distributeurs trop préoccupés par le coup commercial juteux et les « prix » bidons. En revanche on peut la trouver chez des petites éditeurs, souvent régionaux, qui n’auront jamais leur « papier critique » dans les mags du minuscule monde de la boboïté citadine. Houellebecque est un pur « produit » de ce monde là. Comme souvent avec les créateurs surgissant, le premier ouvrage fait un tabac et souvent il révèle quelque chose qui change du plan plan ordinaire.Après, l’éditeur « chanceux » qui a ramassé le jackpot avec son « poulain », demande au poulain de continuer à gratter et la machine médiatique s’enclenche automatiquement. On appelle ça du « marketing ».

Les médias se sont jetés sur Houellebecque parce que le pays avait besoin de « son » grand écrivain de l’époque, comme le 19ème eut son Proust et le début du 20ème son Céline. Mais Houellebecque est issu de ce monde où l’on n’a pas vécu grand chose à part des ambitions de nain, ratées. Pas de lutte particulière pour survivre, pas d’événement fort pour être saisi par la vie et la mort, rien. Une époque de paix relative où l’américanisation forcée achève de tuer toute culture singulière. Dans ce monde là, Houellebecque est devenu le représentant de zombies qui survivent encastrés dans leurs écrans, transpercés par leur bruits auriculo-insérés, aliénés par leur carte de paiement « gold » et abrutis par un cinéma propagande qui les formate 24 sur 24h.

Lorsque Houellebecque n’était pas encore « starisé » par la poignée de pseudo critiques littéraires parisiens, il écrivait de la poésie et de vous à moi, elle est largement plus intéressante que tous ses livres.


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