OMAR 18 mars 2019 19:55

Omar9

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Bonsoir @P. Marilyn : « On ne nait pas raciste, on le devient ».

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Je suis né à la Casbah d’Alger, dans un immeuble où cohabitaient des familles musulmanes (kabyles, arabes, biskries, chaouies), chrétiennes (pieds-noirs, réfugiés espagnols, maltais) et juives.

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Nos parents entretenaient de « cordiales » mais limitées relations, en raison du climat lourd issu de la guerre d’indépendance qui s’y déroulait.

Mais nous, enfants, nos principales préoccupations étaient de savoir comment se regrouper pour aller ensemble taquiner la « sawrelle » (chinchard) et le pageot sur les quais du port d’Alger, aller au cinéma « Marignan » pour voir le dernier western de J. Wayne ou revoir « La fureur de vivre » de James Dean

Marcel le juif, Pepito l’espagnol, Akli le kabyle, Hamid le « soudanais » et moi, échangions indifféremment en arabe algérien, ou en français pataouète.

Et quand vient l’été, c’était ensemble et en toute insouciance que nous nous bronzions sur le rivage de l’Eden« ou les rochers de »TPLG« .

Et pourtant, en plus de la religion, les us et coutumes et la couleur de la peau, nos conditions sociales étaient aussi différentes, car si les »Lacaba« et les »Ayache" avaient déjà la télé, la majorité des familles musulmanes s’éclairaient encore à la lampe à pétrole.

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Mais la guerre avec son lot d’attentats, de représailles, de massacres, de peurs, de mensonges, et surtout, la déchirure qui en découlera, fera naitre en nous tous, ce sentiment que l’Autre ne fut qu’un traitre, pour lequel nous ne valions et nous ne méritions absolument rien.

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Alors oui, on devient raciste.

Mais cette tare abjecte, cette souillure, cette immonde aliénation n’est que passagère, que provisoire...

Car Dieu m’est témoin ce dont maintenant, je suis capable d’offrir ou d’accepter juste pour avoir ce bonheur de revoir Marcel ou Pépito, l’instant d’un éclair....


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