Alren Alren 1er avril 2019 19:50

@Venceslas

« Lisez Grossman, Mandelstam, pour ne citer que ceux-là. Pour commencer. »

C’est justement ce genre d’écrivains qui filtrent la réalité pour noircir le socialisme marxiste de l’URSS, qu’il ne faut pas lire.

J’ai lu dans une langue très marginale mais connue par ce Russe, sans intermédiaire, un récit plat des faits et réalités où ne ressort aucun considération politique, aucune volonté de propragande.

Bien sûr que la nourriture n’était pas terrible, produite sur place et comprenant beaucoup de pommes de terre gelées. Hiver comme été, la seule liaison était l’hélicoptère. Mais les gardiens mangeaient la même chose que les détenus.

Quant aux « prisons », vous êtes mal informé : les détenus vivaient dans des isbas, des maisons en bois qu’ils avaient construites eux-mêmes à leur arrivée au printemps : les scies et les haches leur avaient été lancées d’hélicoptère !
Et bien entendu elles étaient chauffées ! Quand il fait moins quarante dehors, tout homme meurt en l’absence de chauffage et de vêtements adaptés.
Or les autorités de Moscou ne voulaient pas la mort des déportés mais qu’ils y fassent souche. C’était déjà l’objectif des tsars en déportant en Sibérie Dostoïevsky, Lénine, Staline et tant d’autres.

Les détenus du bagne de Cayenne connaissaient une vie bien plus difficile et mouraient en bien plus grande proportion.
J’en profite pour dire qu’en Sibérie comme à Cayenne, l’essentiel des déportés était des droits communs et qu’un certain nombre d’entre eux ont été assassinés par d’autres prisonniers.

Je n’ai pas voulu faire état d’une autre source sur la vie en Sibérie du temps de Staline.
C’est une personne avec laquelle, j’ai partagé une chambre d’hôpital (!)
Cet homme était encore un enfant juif vivant à l’est de la Pologne quand a éclaté la guerre en 1939. Les Russes ont occupé la région où il demeurait.
Connaissant l’antisémitisme des hitlériens, ils ont déplacé les juifs polonais de leur zone d’occupation en URSS. Ce qui a sauvé la vie du garçon.
Sa mère et lui sont arrivés en Sibérie et ont connu la vie difficile de pionniers qui était de règle là-bas.
Un peu comme les Français arrivant au Canada au XVIIe siècle.
La nourriture était rare, encore plus du fait de la guerre. Néanmoins les Russes essayaient de faire survivre tout le monde y compris les prisonniers allemands. Pendant ce temps Hitler programmait de faire mourir de faim les prisonniers russes ...

Le jeune garçon est revenu avec sa mère en Pologne en 1945 où ils ont été accueilli par des menaces mort. Le père, soldat en 1939, avait disparu. Sa mère décida alors d’émigrer au pays des Droits de l’Homme, où il se maria ultérieurement (avec une non-juive, après la mort de sa mère).



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