velosolex velosolex 31 mars 2019 15:22

@velosolex
Extrait 

« Les habitants du village le plus proche de Treblinka, Wolka, racontent que parfois le cri des femmes qu’on assassinait était si effroyable que le village entier en devenait fou et courait loin dans la forêt pour ne pas entendre ce cri perçant qui vrillait les poutres des maisons, le ciel et la terre. Puis le cri s’arrêtait soudain, et de nouveau, aussi brusquement, s’en élevait un autre identique, effroyable, perçant et vrillant les os, le crâne, l’âme. Il en allait ainsi trois ou quatre fois par jour.

J’ai questionné l’un des bourreaux arrêtés, Ch. , à propos de ces cris. Il a expliqué que les femmes criaient à l’instant où on lâchait les chiens et où on poussait tout le groupe des condamnés dans le bâtiment de la mort. « Ils voyaient la mort, et en outre, ils étaient terriblement serrés, on les battait atrocement, les chiens les déchiquetaient. »

Le silence s’installait soudain quand les portes des chambres se fermaient. Le cri des femmes se faisait entendre à nouveau lorsqu’on conduisait un nouveau groupe vers les chambres à gaz. Cela se répétait deux, trois ou quatre fois par jour, parfois cinq. Car le camp de Treblinka n’était pas un simple camp d’extermination, c’était un camp d’extermination à la chaîne. »


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe