tiers_inclus tiers_inclus 6 avril 2019 22:19

@Taverne

Désolé pour la coquille, il fallait corriger en « la réalité de soi même ». Il est erroné de croire qu’il y a un observateur qui jauge le monde et « soi », ceci aussi est une apparence.
Le monde (illusoire) et l’observateur (illusoire) se réifient mutuellement. Il n’y a pas de pilote, un examen attentif des flux de pensées montrent leur caractère chaotique et dissipatif. Tout semble fonctionner comme une radio qui recevrait de multiples stations. La cohérence partielle s’établit sur l’accomplissement du désir et sur le refus de la souffrance, mais il n’ y a pas de pilote, tout s’établit en interdépendance, ce que l’on peut aussi constater dans la phase de rêve, où les contraintes sont provisoirement atténuées. 
Le soi n’existe que par rapport à l’alter (êtres sensibles ou matière) et seulement
parce qu’il y a souffrance potentielle ou ressentie.
Faites une expérience de pensée, imaginez un monde sans souffrance. Pas de corps à entretenir et protéger, pas de souffrance psychologique, l’altérité sans incidence et donc l’égo sans consistance. Pas de désir non plus, la souffrance et le désir étant les deux faces d’une même pièce. La forme (matérielle et psychique) aussi n’est plus nécessaire par l’indifférenciation. Est-ce pour autant le néant ? Que nenni. Cette uniformité qui s’apparente à la vacuité, recèle de tous les possibles, mais elle est tempérée. Comme un bloc de marbre recèle de toutes les sculptures possibles, à ceci près que notre bloc à nous est toujours constitué de phénomènes. Globalement il ne se passe presque rien, localement des embryons de « sculpture » peuvent apparaître et même s’identifier. De là naît la réification (il peut s’agir d’un monde) et la souffrance par incomplétude et le désir par compensation. Le piège étant que le désir implique la souffrance qui implique ...le désir .... Le piège crée un soi (conventionnel) qui a oublié sa nature première sans soi, mais qui se débat en insistant sur son soi illusoire pour échapper à ce piège, donc en désirant, se recroquevillant dans un processus autoréalisateur, comme la mouche au bord de la fenêtre aspirant à se libérer mais trompée par la vitre pourtant ouverte et qui s’éreinte. 

Bon, j’ai bien conscience que l’on pourrait croire que j’ai un peu insisté sur l’herbe.

Prenons alors la question autrement. Plus scientifiquement. C’est une image mathématiques qui n’a pas vocation à expliquer mais à illustrer. Les fonctions holomorphes (dans le champ complexe) ont ceci de particulier, elles définissent implicitement leur domaine de définition et comme ce sont des fonctions leur domaine image. Bref la fonction, la relation établit les relatas qui sont mis en correspondance.
Plus physique maintenant, Carlo Rovelli, physicien de la gravitation quantique, nous donne son interprétation de la réalité : « Le monde des choses existantes est réduite au monde des interactions possibles. La réalité est réduite à l’interaction.La réalité est réduite à la relation. » 
Reste que c’est une interprétation d’un brillant physicien de l’école relationniste. Mais tout en physique (même en RG) nous fait converger vers la disparition des relatas au profit de la relation.

On est loin de l’approche cartésienne, prenant les choses pour les décortiquer, pour les analyser, les décortiquer etc..Parce qu’ils posaient les choses à priori.
De même la tabula rasa par le doute posait l’esprit,le soi comme observateur du monde et du présumé soi, mais rien n’empêche qu’il doute sans être effectivement là.

Tout ceci est spéculatif, mais il y a des pistes. Nous ne pouvons plus nous contenter de l’intuition isolée d’un penseur du 17eme siècle, brillant certes, mais le monde occidental a progressé, et étonnamment convergé vers les intuitions bien plus datées auxquelles je faisais allusion. Par ailleurs Descartes est aussi pris en défaut sur son analyse des animaux, comme quoi l’homme n’avait pas forcément de bonnes intuitions.


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