Christian Labrune Christian Labrune 26 avril 2019 16:52

Jésus ne condamne pas le profit, voir la parabole des talents et de nombreuses autres occasions où Jésus parle de l’argent sans « cracher ni sur l’argent, ni sur le commerce ni sur l’immobilier ».

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@Bernard Mitjavile

Il vaudrait mieux dire que la doxa chrétienne, sur toutes ces questions, est d’une accablante incohérence dont votre intervention vient d’être le reflet parce qu’elle paraît nous dire que, dans le discours du Christ, tout est dans tout, et réciproquement.
En fait, c’est une position anarchisante au pire sens du terme : on flatte les pauvres autant qu’on le peut parce que le public de Jésus, dans ses grands meetings, n’est évidemment pas constitué des plus riches. C’est pour cette raison que j’ai parlé, peut-être bien à la suite de l’autre article, concernant les miracles, d’un populisme.
Mais en même temps, comme dirait l’autre, on reste dans le vague. Certes, les riches entreront plus difficilement que les autres dans le royaume des cieux, mais on berce d’illusions les pauvres. Dans les premiers chapitres de Matthieu, les « petits oiseaux des champs » ne se soucient pas de ce qu’ils mangeront le lendemain, il faut être comme eux. Facile à dire !!! Prenez la parabole des vignerons de la onzième heure, je doute qu’elle ravisse un militant de la CGT soucieux de justice sociale ! On pourrait multiplier les exemples, on verrait seulement que les pauvres, à qui on s’adresse et qu’on caresse, sont bien meilleurs que les riches. Or, est-on pauvre par accident ou par nature ? Il semble, à suivre la leçon des évangiles, qu’on le soit plutôt par nature. Un Socrate, s’il avait pu lire les Evangiles, aurait évidemment tout de suite examiné ce point.

Tout cela se retrouve de toute évidence dans la religion du Prophète Karl Marx . Evidemment, l’eschatologie est un peu différente : le paradis du communisme sera sur terre, mais qu’est-ce que cela fait puisqu’il sera dans un avenir où nous serons probablement déjà morts ? La projection dans un temps lointain du devenir historique est tout à fait équivalente au chemin de transcendance qui sépare les deux Cités d’Augustin.
Surtout, et c’est à cela que je voulais en venir, les pauvres, les prolétaires, d’un seul coup, se voient chargés, comme par nature, d’un rôle messianique. Ils triompheront nécessairement, à la fin des temps, de ce monde diabolique des exploiteurs bourgeois. Qu’adviendra-t-il de ceux-là, qui méritent l’enfer ? La répons est très simple : ils connaîtront l’enfer sur terre, comme quatre à cinq millions de koulaks réactionnaires en Ukraine au début des années 30 (holodomor) ou plus d’un million de salauds de Cambodgiens ennemis de la révolution après le milieu des années 70.


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