Bertrand Loubard 13 juillet 2019 20:48

@Emmanuel Cattier

Merci pour votre commentaire.

Ceux qui ont connu Filip Reyntjens au Rwanda d’avant la guerre d’octobre’90, le tenaient pour un critique (« objectif » mais ferme et trop négatif) du régime Habyarimana et de ses dérives. Il leur paraissait plutôt « tendance » Alison Desforges. Il aurait « collaboré » avec celle-ci, étant adepte d’une approche positive et constructive de la nécessité d’une évolution prudente des institutions de la deuxième république. Ils se seraient retrouvés dans les prémices de la rédaction du célèbre livre : « Aucun témoin ne doit survivre » (Livre interdit dans le Rwanda de Paul Kagamé, où Alison Desforges était d’ailleurs devenue persona non grata.). A la mort d’Alison Desforges (Février 2009), Reyntjens écrivait : « I have worked a lot with Alison during the past twenty years, and we’ve been through hard and great times together. I’m losing a mother, a sister, a mentor and a friend ». Pour un sympathisant « promoteur » d’une « constitution ethniciste » hutue ayant conduit au Génocide des Tutsis cela paraît bien « étrange ». Surtout que Reyntjens devait être au courant qu’Alison Desforges, morte dans le crash de Buffalo (dont les causes ne furent jamais déterminées ; ce qui rappelle un autre « crash » non élucidé), revenait aux USA, depuis Londres où elle avait exposé un rapport dans lequel elle déconseillait au gouvernement britannique, l’entrée du Rwanda dans le Commonwealth.

J’admets qu’il semble que, comme beaucoup d’observateurs dont les points de vues évoluent avec l’affirmation du caractère réel de la dictature de Paul Kagamé, Reyntjens ait lui - même pu paraître avoir une approche « fluante » dans la perception des « dérives » du régime de Kagamé (qui sont « tout » sauf « improvisées »). Ce qui n’en fait pas un « négationniste ». Ou si je m’abuse : pourquoi n’a-il pas encore été trainé en justice puisqu’en Belgique il existerait maintenant un équivalent des lois mémorielles françaises (Loi Gayssot)

 

Vous dites : « ..... ceux qui défendent mordicus la position des autorités françaises de l’époque d’essayer de prouver que le FPR et son chef seraient plus criminels que les génocidaires que la France a soutenus, avant, pendant et après le génocide ..........  ».

 

Il n’y a pas que des Français de « France à défendre « mordicus » ...... High Commissioner for Human Rights Navi Pillay : “Rwanda and Uganda are currently hosting senior military officers of the M23” (dont Bosco Ntaganda, aux ordres de Paul Kagamé, vient d’être reconnu comme un acteur de premier plan, coupable de crimes contre l’humanité et autres)

Etablir un classement général des criminels de guerres pour décerner les trois premières places du podium n’a rien à voir avec les faits indiscutables que c’est bien le FPR qui a attaqué le Rwanda en octobre 1990, que ce sont bien les Hutus qui ont commis le génocide en 1994, et que c’est bien le FPR de Paul Kagamé qui a fait deux guerres au Congo de 1996 à 2003 (agrémentées d’« escarmouches » avec l’Ouganda, déjà !!!)

S’il faut mettre en évidence une quelconque responsabilité de la France dans le Génocide des Tutsi du Rwanda cela devrait être fait dans le cadre chronologique, plus large et transparent, des soutiens de la « Communauté Internationale » au premier de tous les crimes, le crime contre la Paix, et ses conséquences directes et indirectes. Dans cette communauté internationale (qui était, déjà à l’époque et jusqu’à aujourd’hui, avant tout américaine, canadienne, anglaise, israélienne, belge) quel poids la France détenait-elle ? La réponse est simple au vu des spectaculaires résultats des multinationales anglo - saxonnes établies depuis en Afrique des Grands Lacs.

 

Je crois qu’on devra encore discuter longuement, entre nous, de la tragédie rwandaise.

Mais à l’époque, ceux qui savaient que ce n’étaient pas les Nazis qui avaient commis le massacre de Katyn, mais bien les Soviétiques, ceux- là qui n’ont rien dit à Nuremberg étaient – ils de négationnistes de la Shoah ? Mais viendrait-il jamais à l’esprit, de qui que ce soit, de dire que ceux qui ne soutiennent pas Kagamé et son régime devraient tomber sous le coup d’une loi pour révisionnisme des lois du marché et des valeurs du complexe militaro-industriel et plus particulièrement des intérêts économiques, financiers, industriels anglo-saxons ?

Bien à vous.


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