Loatse Loatse 12 février 09:55

Maximiser les profits, minimiser les coûts de production, c’est à dire transformer le travailleur en variable d’ajustement, ce n’est pas d’aujourd’hui...

enfin, c’est une logique comptable qui revient cher mais en terme de santé, et donc au contribuable..

La prolétaire que j’étais, jeune et sans diplomes ni formation à l’époque, a vécu ces situations... La première dans une entreprise de restauration... Nous étions 3 en plonge... L’une débarrassait la vaisselle sale et l’amenait en poste, l’autre la mettait dans la machine à laver, l’autre la récupérait et la ,mettait à disposition de la salle. Il était courant aussi de servir de commis de cuisine (préparation des légumes, des entremets) suivant les besoins.

or, voici qu’un jour, il fut décidé de réduire le personnel. De trois à ce poste, je me retrouvais seule... Visualisez charlot dans les temps modernes, c’est à peu près cela...

Il ne restait qu’une solution pour gérer les besoins en salle... réduire la phase rinçage de l’engin de moitié, voir de 3/4 quand ca braillait « vite vite, on n’a plus d’assiettes » !

Aussitôt je levai le couvercle de l’engin et l’eau bouillante du rincage chargée de restes de soude caustique me dégoulinait le long du bras dont la peau devint au fil du temps rouge brique, boursouflée... et je n’imagine pas aujourd’hui ce que prenait l’estomac du prolétaire client..

Puis vint un nouveau chef, tout frais émoulu d’une école de ges...euh d’optimisation du profit... celui ci me convoqua alors que j’étais fort occupée pour exiger que, de surcroit, je balaie la salle...(ce qui lui aurait permis de se débarrasser au passage d’une employée de ce que l’on appelait « le devant »)

Vous vous doutez bien quelle fut ma réponse... evidemment celle ci me valut un retour à l’anpe...

Plus tard, je trouvai un emploi à l’usine du coin... technicienne de surface ils appelent cela maintenant... idem, ma collègue épuisée (elle avait la cinquantaine) partit, ne fut pas remplacée et je dus me farcir sans machine, le nettoyage des ateliers, des bureaux, de la cantine, des vestiaires et sanitaires...

Une optimisation du profit qui me mena direct au bout d’un an à l’épuisement total, puis sans surprise de nouveau à la case anpe.

Puis le système (pourquoi se gêner puisqu’il y a tant de « crève la faim » à disposition dorénavant) se généralisa dans les administrations... celles ci faute d’embauche de personnel suffisant pour gérer l’afflux croissant de dossiers, limitèrent donc l’accueil au public ou/et fermèrent des permanences, des bureaux de poste et mirent en place le service téléphonique... payant. Quand au personnel celui ci contribua de fait à la fortune des labos pharmaceutiques (benzo, anti depresseurs, sommnifères).

Je vous passe les maisons de retraite ou justement du fait de l’absentéisme courant, on vous appele chez vous à 7 h du matin le rare dimanche obtenu de haute lutte avec les collègues, pour exiger votre présence... (euh, et qui me gardera mon môme ? débrouillez vous ou vous venez ou c’est la porte !)

La boucle était bouclée...


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