Vivre est un village Vivre est un village 14 mars 09:46

@Vivre est un village

5) À la recherche des piliers fondateurs de l’édifice néolibéral

- De l’intuition au débat scientifique

[...]Méfiez-vous ! Quand un « expert », au lieu de s’expliquer, invoque ces « choses bien plus compliquées que vous le croyez », c’est soit qu’il n’y comprend rien lui-même, soit qu’il veut dissimuler des choses en réalité bien plus simples que vous le croyez ![...](p202)

[...]La « science » néolibérale de l’homme rejette les conceptions de la vie humaine et de la société de progrès proposées au chapitre précédent. Pour les néolibéraux, ce que j’ai présenté comme une intuition du sens commun – notre volonté de concilier le désir d’être soi et celui d’être avec – serait une vision angélique de l’être humain, à mille lieues de la réalité. En fait, l’être humain serait plutôt une bête qui a « la compétition dans le sang », un individu qui ne se préoccuperait d’autrui que par intérêt personnel et ne s’associerait à d’autres individus dans une société qu’en vue de satisfaire plus efficacement ses besoins. Il n’y aurait donc aucune opposition entre un prétendu désir de coopération solidaire et une société fondée sur la compétition maximale : c’est la même passion égoïste pour notre « intérêt bien compris » qui nous conduirait parfois à privilégier la coopération avec certains pour mieux mener la bataille contre tous les autres.[...](p204)

[...]Cette nature humaine guerrière et prédatrice résulterait du processus impitoyable de sélection naturelle qui, au fil de la longue histoire des espèces, a éliminé les plus faibles et laissé prospérer les individus les plus aptes à défendre leurs intérêts. Un processus de sélection naturelle des systèmes économiques et sociaux procéderait de même, éliminant progressivement les moins performants, et généralisant à l’ensemble de la planète le principe d’organisation sociale le plus efficace : la libre compétition marchande.[...](p205)

- Pourquoi on ne peut éluder le débat anthropologique

[...]Dans la genèse des idées modernes, le néolibéralisme partage avec le marxisme 90 % de son patrimoine génétique ; c’est une erreur anthropologique commune à ces deux idéologies qui conduit la première vers la dissociété individualiste, et la seconde vers l’hypersociété collectiviste.[...](p215)

6) Les fondements de la culture néo libérale et de la dissociété (p223 et suivantes)

1. La nature humaine

Premier pilier : l’être humain est un « individu qui existe avant et hors de toute relation à autrui (p226)

  • Une conception métaphysique de l’être
  • La naissance de l’individu moderne

Deuxième pilier : l’action et la pensée de l’individu sont autodéterminées (p233)

  • Libre arbitre ou liberté de corps ?
  • L’équilibre automatique des marchés suppose des individus indifférents aux autres

Troisième pilier : la responsabilité exclusive de l’individu et l’inégalité naturelle (p239)

  • Une conception tautologique de la liberté

Quatrième pilier : l’individu est strictement égoïste et rationnel (p243)

  • La négation de l’altruisme authentique
  • Une théorie longtemps minoritaire

Cinquième pilier : l’individu prédateur et la loi du plus fort dans l’ « état de nature » (p251)

  • Le postulat de la méchanceté naturelle
  • Le sens moral et l’impossibilité d’une bienveillance générale
  • L’homme sympathique de Smith
  • Le bon sauvage de Rousseau
  • L’homme paradoxal de Marx

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