Vivre est un village Vivre est un village 14 mars 09:48

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8. Nouvelles révélations sur le néolibéralisme et le socialisme « moderne »

- 1° La fragilité théorique du modèle néolibéral

[...]Tout l’édifice néolibéral repose sur une conception de l’être humain dont le simple énoncé devrait suffire à la disqualifier, tant elle défie le sens commun. Le premier pilier de l’édifice postule en effet que les individus préexistent à la société. Or, pour que cela ait un sens, il faut imaginer des individus vivant seuls depuis leur naissance, séparés et indépendants les uns des autres et qui finissant par se rencontrer, décident alors de vivre en communauté par souci égoïste d’une plus grande efficacité.[...](p352)

[...]Le simple énoncé de cette hypothèse suffit à manifester à quel point elle est stupide et donc insoutenable. Et, bien sûr, aucun des adeptes du néolibéralisme n’admettra qu’il soutient une hypothèse aussi saugrenue. Il n’en demeure pas moins que, si saugrenue soit-elle, elle est indispensable à tout l’édifice. Si les individus ne préexistent pas à la société, mais naissent et grandissent tous en société, ils ne sont plus indépendants les uns des autres, leur être est façonné par une succession de liens, d’attachements, d’apprentissages, d’enseignements, etc. Or un individu construit par ses liens et par son éducation, des années durant, dans une société qu’il n’a pas choisie, ne peut plus être jugé seul responsable de ce qui lui advient ; il a des droits inaliénables préalables et indépendants de toute obligation sociale (les troisième et septième piliers s’effondrent). Un individu dont l’être est, dès sa conception, façonné par des liens et des relations aux autres n’est pas nécessairement et seulement égoïste ; sa propension à l’égoïsme est elle-même le produit d’une interaction sociale. Et si l’individu n’est pas systématiquement égoïste, il n’est pas davantage foncièrement prédateur : la quête de liens, d’estime et de sympathie peut être à ses yeux aussi importants que la conquête de biens (les quatrième et cinquième piliers s’effondrent).[...] La société n’est plus le produit d’un Contrat utilitaire entre des individus qui lui préexistent ; elle est le milieu naturel qui construit et soutient l’existence psychique des individus (le sixième pilier est à terre). Cette société peut dès lors s’appuyer sur la sociabilité naturelle pour créer les conditions d’un Vivre ensemble qui assure la paix civile, sans le secours d’un Etat despotique et sans la chasse aux différences (huitième pilier). Par ailleurs, des modes de production et de répartition fondés sur la coopération, le don et la solidarité, plutôt que sur la libre compétition des individus, peuvent s’avérer tout aussi, voire sensiblement plus efficaces que cette dernière (dixième pilier). Dans une société en quête de liens harmonieux entre les êtres, la maximisation de la production n’est de toute façon plus nécessaire à l’apaisement des conflits (neuvième pilier). La densité et la qualité des liens – qui assurent à la fois l’épanouissement de la liberté individuelle et les bienfaits de la vie en société – procurent à chacun l‘essentiel de ce dont il a besoin pour être. [...](p353)

[...]Enfin, nous avons constaté à plusieurs reprises des incohérences logiques dans l’édifice néolibéral. Celui-ci est souvent plus proche le la pensée antilibérale que de celle des libéraux classiques. Le néolibéralisme n’est pas un libéralisme. Il oscille entre un « marxisme de marché » et un « fascisme démocratique ».[...](p354)

- 2° La culture néolibérale tire sa force de l’ignorance et de la dissimulation de ses fondations

[...]La plupart des promoteurs du néolibéralisme ne sont pas des penseurs, mais des grands patrons, journalistes, hauts fonctionnaires ou responsables politiques dont le propos est tourné vers l’action et non vers la réflexion. Cela vaut a fortiori pour la population encore plus large des simples adeptes : ils ont la foi néolibérale, mais n’en sont pas les théologiens ; ils ignorent la plupart des postulats auxquels ils adhèrent de fait en acceptant les conclusions d’une doctrine sans en connaître les prémisses.[...] (p355)

[...]Le stratagème par lequel la culture néolibérale tend ainsi à dominer les esprits consiste à ne pas se présenter comme le fruit d’un système de pensée susceptible d’être débattu, mais comme un ensemble d’évidences naturelles allant tellement de soi qu’il est inutile d’en discuter. Tout le monde est donc censé savoir que « l’intérêt personnel est le moteur de l’action humaine », que « la rivalité et la guerre sont inscrites dans la nature », que « le marché libre est plus efficace que la planification », etc. Et plus la culture néolibérale étend son emprise, plus il est aisé pour ses promoteurs de faire comme si ces affirmations constituaient le sens commun.[...](p356)

- 3° Le néo libéralisme est l’enfant naturel de la pensée moderne

[...]Le nouveau libéralisme, le nouveau socialisme démocratique et le communisme convergent tout d’abord autour d’une même conception implicite de l’être humain : atome indépendant des autres, autodéterminé et dominé par une pulsion économique (travailler, produire, consommer).[...](p360)

- 4° La dérive néo libérale de la gauche européenne est plus ancienne et plus profonde que l’on ne le croit

- 5° L’erreur anthropologique des modernes reflète plus un compromis psychopathologique qu’un défaut du raisonnement

- 6° L’erreur des modernes a pu contribuer au « progrès humain », mais il est temps de la corriger


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