Slipenfer 1er Slipenfer 1er 29 juin 11:46
Sans nous en apercevoir, 
nous vivons le temps 
du retour à l’anormal, 
où nous abandonnons
en toute bonne conscience, 

- tels des chiens dans la forêt -
les bonnes résolutions,
les idéaux et les projets
que nous avions envisagés
pour le « monde d’après ».

Toutes ces visions d’avenir
inspirées par la peur
et la proximité
de la mort
voilà qu’elles
 s’évanouissent
dans un lâche soulagement
comme les promesses de sobriété
d’un alcoolique devant le zinc.

Comme l’avait prédit
Michel Houellebecq,
le « monde d’après »
est devenu pire
que le « monde d’avant ».

Si nous n’osons pas
nous émanciper
 du système
qui nous aliène,
il se régénère,
alimenté par l’énergie
que nous avons mobilisé
pour tenter de nous en libérer
sans succès.

Comme les liens
se resserrent
sur le corps de celui
qui cherche
à s’en délivrer.

Comme on s’enfonce
dans les sables mouvants
en se débattant
pour s’en dégager.

Comme l’addiction revient,
toujours plus forte
après une période
de sevrage.

Il faut les voir
les toxicos de l’économie
confinés dans leurs certitudes,
fiers de leur servitude
portée comme un drapeau,
défilant devant
le troupeau
de leurs habitudes.
 
C’est ainsi qu’ils reprennent
leur vie de somnambules 
pour regagner le terrier 
qui leur sert d’existence.

Totalement
dépendants
d’un système
qui les infantilise,
ils croient 
inventer le récit
de leur propre vie
alors qu’il ne font
que répéter le rôle
que ce système
leur a appris.

Quiconque possède encore 
une once de sensibilité 
non annexée
sur le cours de la marchandise, 
ne peut qu’être révulsé 
par le spectacle de ces hamsters

- à la fois anxieux et conformes -
qui ne cessent de faire tourner 
la roue de l’économie 
jusqu’à épuisement 
de leur force intérieure. 

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