Septime Sévère 8 août 14:22

Rosemar,

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Le tourisme ne doit pas être ouvert à n’importe qui. Qu’un enfant de bonne famille destiné à faire la rue d’Ulm voyage abondamment autour de la Méditerranée durant son adolescence afin de s’imprégner des racines de la culture classique, rien de plus nécessaire. Que la famille Bidochon veuille faire trempette là où les Grecs coururent à la mer en criant « Thalatta, thalatta ! » n’a strictement aucun intérêt puisque l’eau n’est pas moins bonne à Saint-Brévin-les Pins.

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N’importe qui ne doit pas pouvoir aller n’importe où, car aux dommages culturels et environnementaux de ces transhumances de moutons humains, s’ajoute la pollution morale de leur présence venue gâter les ruines du Parthénon ou les gradins du Colisée pour leurs destinataires légitimes, les gens instruits qui perdent ainsi la possibilité de communier dans la tranquillité voulue avec le romantisme des sites. 

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Il faut une sélection. Pour reprendre l’exemple du Colisée, comment supporter des abrutis avachis jetant leurs papiers de bonbons et traînant négligemment leur sandales si encore c’étaient des cothurnes  hongkongaises sur l’arène qui épongeait le sang des martyrs chrétiens ? Un certificat de pratique religieuse de la paroisse d’origine devrait être exigée, accompagnée d’une attestation de participation à une retraite en monastère de moins de six mois. De pareils lieux veulent des pèlerins, non des indifférents. De même pour la visite du Tullianum : celui qui ne connaît Vercingétorix que par Uderzo n’a qu’à reste dehors et consacrer le prix du billet à s’acheter oun’ gelato al cioccolato à quelque marchand de rue à triporteur ; il se croira en plein cinéma italien d’après-guerre. Qu’en pensez-vous, chère agrégée de lettres classiques ? 


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