velosolex velosolex 4 novembre 2020 13:44

@ZenZoe
Je me souviens d’une patiente d’une quarantaine d’années, alcoolique notoire, et qui avait multiplié les hospitalisations, et les post cures. Son état fut jugé si alarmant qu’elle partit en gastro, car cyphose. Le pronostic vital était engagé. On ne la revit plus...Et puis cinq ans plus tard elle fut hospitalisée de nouveau pour dépression légère cette fois ci. Mais elle était enfin sortie de son addiction. Comme je la félicitais, je lui demandais comment elle avait réussi à guérir.
Non, elle n’avait pas fait de nouvelle post cure...Elle me raconta qu’une fois sortie de gastro ou elle s’était lentement remise, elle était rentrée chez elle. Son mari l’attendait. Nous sommes dans la bretagne profonde. Comme elle entra dans la chambre conjuguale, elle vit le lit recouvert d’un suaire noir, et quatre catafalques autour du lit. 

« Qu’est ce que t’as fait là ? » Demandait elle à son mari
« J’ai téléphoné à l’hôpital, pour prendre des nouvelles. On m’a dit que t’allais pas fort. Alors j’ai pris mes dispositions. »
Elle en resta tétanisée. Pour la première fois, elle se vit morte, en vraie, installée sur le lit mortuaire. Ce que cinq post cures n’avaient pas réussi à la convaincre, son mari, de façon empirique, et sauvage, avait réussi à lui envoyer le message salvateur. 

Juste une expérience singulière. J’en ai d’autres. Qui ne peuvent être généralisés. Mais qui laissent rêveurs, et donnent de l’humilité Pour qu’un patient change, il faut qu’il se rende compte objectivement où il en est, ainsi que son entourage, de leurs limites. Un accident, une vision, un traumatisme, peut vous mener à faire le deuil de la toute puissance, et d’amener un nouveau calibrage de la vie. Une histoire de clé et de serrure qu’il faut ajuster l’un à l’autre


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