velosolex velosolex 4 novembre 2020 16:41

@Traroth
J’ai été saisi un jour dans la rencontre avec une jeune femmes, alcoolique, qui ma dit froidement, que la première fois qu’elle avait bu un verre, à 15 ans, l’ivresse qu’elle en a ressenti lui a fait sentir dés cette première expérience, qu’elle deviendrait alcoolique, tant cela lui a fait effet de révélation. 
Je pourrais dire la même chose de tous les toxiques. Il y a un effet chimique qui appartient à chacun, comme d’ailleurs pour le tabac, mais la dépendance crée dépend à la fois d’une histoire personnelle, sociétale, mais au moins autant de déterminants chimiques.
J’ai tenté dix fois de mettre à fumer, mais je n’y suis jamais arrivé.... 
Certains auraient toutes les raisons de devenir dépendants, en raison de leur histoire de leur parcours, et pourtant ils ne le deviennent pas ; Ils sont capables, comme beaucoup de gens, de périodes d’abstention prolongées. Pour d’autres, le moindre verre, le moindre joint les remet dans l’addiction. Il faut donc apprendre à se connaitre, tirer profit des expériences passées, au lieu de vérifier cent fois qu’elles aboutissent au pire. 
Etre adulte, c’est apprendre ses limites. Faire une connerie c’est pas grave, c’est même instructif, si on apprend à se connaitre. S’enkyster dans l’erreur, par contre, c’est stupide et mortifère. 
Pour revenir à une expérience de terrain, je me souvient comment avait été sidéré un jour un jeune homme, qu’on avait mis dans une chambre à trois, faute de place, les deux autres patients étant atteints de démence alcoolique. 
Dés lors il s’est acheté une conduite, est devenu moteur dans le soin, qu’il banalisait
Evidemment il faut rebondir sur l’occasion pour en faire profit, et faire réfléchir le sujet, passer de la sidération à la réflexion et à la remise en question, et à sa part de liberté dans ce processus. C’est lui qui décide personne d’autre à sa place. Et s’il a envie d’en finir, il n’a pas a faire souffrir les autres. Toujours la propre responsabilité du malade au centre du jeu
Une hospitalisation a des intérêts secondaires parfois heureux, non prévus. Rien de mieux que le visage de la dégradation à venir qu’on veut cacher à tort. La clinique de la dégradation est redoutable pour les toxico et les alcooliques. 
Ce qui est certain, c’est qu’il est inutile de vouloir soigner quelqu’un son grés. Le protocole de soin suppose une envie réelle d’arrêter ce circuit infernal. Tant que le sujet est dans la toute puissance de la maitrise, et en position ludique de contrôle sûr les autres , c’est peine perdu. 


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