JPE 29 octobre 2020 16:35

Le pouvoir en Occident depuis l’âge classique, a connu de profondes transformations de ses propres mécanismes. Non point voué essentiellement à barrer, à proscrire, à détruire, en somme, à dire non et uniquement non ; il s’est fait de plus en plus gestionnaire, s’enrichissant ainsi d’une pléiade de fonctions nouvelles : fonctions d’incitation, de renforcement, de contrôle et de surveillance, fonction de majoration et d’organisation ; fonctions productrices donc, qui plutôt que d’empêcher uniquement, ont permis de réguler, voire de gouverner et de contrôler la vie. Le pouvoir s’exercerait ainsi de plus en plus positivement sur la vie, investirait la vie de part en part pour mieux être à même de « l’administrer », de la gérer. « La vieille puissance de la mort où se symbolisait le pouvoir souverain est maintenant recouverte soigneusement par l’administration des corps et la gestion calculatrice de la vie ». Ce qui est remarquable ici dit Foucault, « ce ne fut rien de moins que l’entrée de la vie dans l’histoire […], l’entrée des phénomènes propres à la vie de l’espèce humaine dans l’ordre du savoir et du pouvoir ». Cette entrée de la vie dans le champ des techniques politiques, c’est ce que Foucault appellera : le « bio-pouvoir ».



Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe