Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 13 décembre 2020 10:08

@JC_Lavau

Ayant appris seulement quelques rudiments de MQ durant mes études de sciences naturelles, je ne me sens pas qualifié pour en traiter.

Mais votre texte m’a grandement intéressé parce qu’en définitive, il se déploit surtout dans un de mes domaines favoris, à savoir, les processus de construction (collective) des connaissances et de la « réalité ».

Votre thèse m’apparaît non seulement défendable mais fondée. Oui, cette chose encore mal connue qu’on appelle un homme, un chercheur, n’est jamais immédiatement remplaçable et, surtout, n’est jamais parfaitement remplaçable car elle se présente au monde dans un hic et nunc singulier et parfaitement unique dès lors que, je pense que nous en sommes d’accord, la différence est triviale : il suffit de se pencher pour en trouver (on pourrait peut-être dire aussi qu’elle est dense dans l’espace des choses smiley). Toute la question étant alors de faire des différences entre les différences : il y en a qui sont seulement triviales, d’autres qui sont significatives et on peut penser que la méconnaissance ou la disparition de génies nous fait perdre des différences très significatives.

Pour autant, la thèse adverse que vous semblez vouloir contredire reste à mes yeux complètement vraie : un homme est le produit de son temps, le produit d’un espace noétique où dominent des représentations collectives imposées par l’une ou l’autre des meutes antagonistes que vous évoquez et dont la domination de l’une sur les autres font les paradigmes n’est-ce pas ?

Dès lors, rien de suprenant à ce qu’il y ait si souvent eu dans l’Histoire des inventions et découvertes quasi synchrones alors qu’elles ont été réalisées en toute indépendance (et cela sans besoin d’invoquer l’hypothèse des champs morphiques de Rupert Sheldrake).

Dès lors, tout bien considéré, il semblerait que, de manière paradoxale, vous défendiez l’existence du corpuscule-homocule que d’aucuns voudraient, de manière mythique selon vous, noyer dans le vaste champ des idées (champ quasi-ondulatoire selon le spécialiste de l’imitation Gabriel Tarde) considérées, à l’instar de Platon, comme la réalité fondamentale.

On pourrait expliquer cette apparente contradiction par votre position d’humain, (trop humain) que je m’empresse de reconnaître comme mienne aussi, de sorte que je sympathise complètement avec votre démarche pro domo, en même temps (sic smiley) que je soutiens la thèse platonicienne, à condition de la généraliser, cad, d’aller au-delà de ces « corps/ondes intermédiaires » que sont, selon moi, les idées, dans la mesure où tout cela est récursif et peut être décomposé et considéré à des niveaux sous-jacents, etc. « jusqu’en bas » comme dirait l’autre avec ses tortues (celles qui portent le monde).

Bref, sans aucune assurance d’être fondé à raisonner par analogie comme je le fais, je confesse un fonctionnement mental par « champs » (ancienne thématique psychologique très en vogue dans les années 30, avec Levin notamment) qui peuvent se superposer sans contradiction tant qu’on ne vient pas observer l’état du fameux chat. D’où mon assentiment à l’idée que, oui, décidément, les hommes comptent et peuvent faire la différence (idée dont la doxa individualiste étasunienne a, malheureusement fait un slogan), en même temps que je consens intégralement à la notion herméneutique d’« efficience de l’histoire » que Gadamer promeut à juste raison et qui explique qu’avec l’évolution du champ des idées auquel chacun vient s’alimenter nous allions collectivement vers une compréhension approfondies des choses qui fait qu’à terme nous pouvons mieux comprendre un auteur qu’il ne se comprenait lui-même.

Par ailleurs, pardonnez-moi d’y insister (j’ai laissé un ou deux messages tardifs sur des fils endormis), j’aimerais beaucoup bénéficier de vos lumières concernant ce que d’aucuns appellent la plus grosse erreur de la physique et qui concerne l’énergie du vide :

https://www.youtube.com/watch?v=EmfvKXO5DZk

Avez un avis sur la question ?


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe