Octave Lebel Octave Lebel 12 janvier 10:05

J’ai comme l’impression qu’il y a des vieux règlements de compte qui ne passent pas. Cela arrive et intéresse qui veut bien s’y intéresser.

Ne retombons pas dans le piège des précédentes élections à nouveau et ne faisons pas semblant d’ignorer le calendrier et le compte à rebours.

Se faire le chantre d’une coalition en préconisant régulièrement de dézinguer le leader d’une composante comme préalable entre autres a une chance de convaincre quelques apprentis séminaristes de votre bonne foi, qui sait. Bon courage.

Trêve d’enfantillages, je fais donc un rappel.

En 2017 entre le 1er et le second tour, il y a bien une prise de conscience au second tour (trop tard) et une dynamique de refus bien présente. Des voix qui se sont perdues dans l’abstention et qui à l’insu de leur plein gré ont fait la courte échelle à MLP puis EM. Un jeu assez subtil a été tenté par la gauche libérale avec succès par le jeu des primaires et la multiplication des candidatures afin d’éparpiller les électeurs et d’empêcher et décrédibiliser les ralliements au 1er tour. Cela a réussi de peu en fait et fait porter une responsabilité à ceux qui les ont organisés. Si les choses avaient été présentées comme cela à nos concitoyens, ils auraient mieux compris les enjeux et le mécanisme électoral, bien maîtrisé par contre par les conseillers politiques et stratèges des classes dirigeantes et les médias qui les appuient.

Nos concitoyens ont sous-estimé jusqu’à présent les capacités tactiques et la force d’influence des médias sur les indécis assez peu informés et politisés qui font, c’est un paradoxe cruel, l’appoint décisif au premier et second tour pour maintenir au pouvoir les classes dirigeantes actuelles par l’intermédiaire de leurs politiciens. Ces derniers étant assez interchangeables, non dénués de capacités rhétoriques et talents d’adaptation et capables de donner le change. Les indécis sont d’autant plus déterminants qu’une part importante de nos concitoyens qui ont une colonne vertébrale politique (ils ont bien compris les reniements d’une grande partie de la classe politique et les limites du système actuel), échaudés, ont du mal à se projeter dans l’examen d’un projet alternatif et posent leur abstention comme un geste politique. Cette configuration renforce la capacité d’influence des médias en donnant un poids déterminant aux indécis qui les intéressent tant. Tout est fait par ailleurs quasi en permanence pour personnaliser les enjeux, caricaturer les opposants, exacerber ce qui peut diviser les citoyens afin d’éviter à tout prix l’émergence d’une approche électorale fondée sur la confrontation des fondements et effets des politiques menées et les analyses et propositions d’un projet alternatif porté par une coalition.

La conclusion à en tirer c’est le moins possible de dispersion des voix au premier tour, c’est-à-dire pour certains ne pas voter automatiquement par fidélité pour son candidat de cœur mais pour le candidat qui a les meilleurs chances d’arriver au second tour. Si chacun attendait d’être d’accord sur tout avec son voisin pour travailler avec lui, rien ne se ferait jamais. Et surtout nous avons pu mesurer à nos dépens les capacités d’adaptation et capacités manœuvrières de ceux qui travaillent à maintenir les classes dirigeantes au pouvoir. Ils font et feront tout pour mettre en valeur les différences entre leurs adversaires parce que ce qu’ils craignent avant tout, c’est la prise de conscience de la convergence de nos intérêts primordiaux. Regarder le résultat de la dernière mascarade : Macron= PS+Juppé et Fillon+ en supplétifs précieux MODEM/UDI. Belle entourloupe. Chapeau les artistes, c’était juste mais vous nous avez bien eus. Dommage pour le pays que ce soit à peu près la seule fois où ils ont vraiment eu du talent.

Je n’appartiens pas au mouvement LFI mais je n’ai pas envie de me faire voler une élection de plus, de continuer de subir et voir mon pays et ses citoyens se diviser et se dissoudre dans une aventure dont on connaît déjà les héros et leurs talents , le type de société qu’ils préparent et la place qu’ils nous y assignent.

L’enjeu primordial et préalable à tout autre si nous voulons récupérer notre capacité de citoyens à être représentés et à contrôler nos représentants, à participer à l’élaboration des décisions, leurs mises en oeuvre et leur contrôle, c’est bien entendu une réforme institutionnelle élaborée avec notre participation ce qui n’a jamais existé dans notre pays. Sans cette avancée et cette garantie, nous savons déjà ce que valent les convictions et la volonté politique de ceux que l’on appelle une fois élus nos dirigeants. Quelle est la vraie cible qu’il faut à tout prix cacher ou disqualifier si besoin par la surenchère. Un ensemble cohérent de priorités qui sont le socle d’une alternative : Réforme institutionnelle + pilotage et maîtrise de l’économie+Europe des états-nations.



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