Étirév 25 février 10:47

Paracelse, Nostradamus,etc... Les charlatans du XVIème siècle
Le plus célèbre fut Paracelse (1493-1541). Cet homme, fougueux et vénal, vécut dans l’ivrognerie et là débauche ; empoisonneur et charlatan, il ornait de son style emphatique les idées éparses à son époque. Grand découvreur de tout ce qu’on voulait, de tout ce qui était à la mode, avide de gloire, telle une personnalité
moderne.
Paracelse naquit à Einsiedeln, près Bâle, vers 1492. A 16 ans, son père, qui était médecin, l’envoya à l’Université de Bâle, où il apprit l’alchimie sous l’abbé Trithème. Il étudia toutes les sciences connues de son temps, prit le bonnet de docteur ; et pour compléter son instruction, qu’il trouvait insuffisante, il parcourut l’Espagne, l’Angleterre, la France, la Pologne, l’Egypte, la Turquie, etc. Sur son passage, il interrogeait tout le monde, mais de préférence ceux qui guérissaient les malades. Il demandait aux barbiers leurs formules et leurs recettes ; aux devins, magiciens, sorciers, astrologues, leurs secrets. Il questionnait même les baigneurs et les bonnes femmes, et, dit-il, jusqu’au bourreau, pour apprendre d’eux tout ce qu’un médecin doit savoir.
C’est-à-dire qu’il faisait sa science avec les idées de tout le monde. Il parle des savantes, des sagas, de qui il tient ses meilleures recettes.
En 1562, après dix ans de vie errante, il revint en Suisse et fut nommé professeur à l’Université de Bâle l’année suivante. Mais son arrogance souleva contre lui la haine de ses confrères, et il fut bientôt obligé d’abandonner sa chaire. Il reprit alors sa vie nomade, parcourut l’Alsace, la Bavière, le Tyrol, l’Autriche, etc., guérissant les malades sur son chemin et dormant où il pouvait.
Il connaissait les sciences magiques et se disait magicien. Des Esprits de Galien il fit les « esprits olympiques » qui président au fonctionnement des organes, foie, cœur, cerveau ; mais il les voit aussi dans tous les corps de la Nature. Et cependant ses doctrines n’inquiètent pas l’Église, il n’est pas considéré par elle comme un ennemi. Est-ce parce que ses vices lui sont une garantie d’avilissement ? Sans doute, car c’est l’abus qu’il fit de la vie qui le fit mourir jeune, ses forces furent épuisées avant l’âge, et il mourut à Salzbourg, le 24 septembre 1541, dans un état voisin de la misère.
Paracelse appliqua le magnétisme humain, l’aimant, les métaux et les principes de l’homéopathie à la guérison des maladies. On lui doit les premières observations relatives à la théorie actuelle de la lumière, l’art de préparer les médicaments par la chimie, la connaissance des propriétés de l’opium et du mercure, et un grand nombre d’observations qui le font encore considérer comme l’un des plus grands médecins du XVIème siècle. C’est avec lui que la théorie du fluide universel prit toute sa consistance, et que le mot Magnétisme commença à être employé avec la signification que nous lui donnons aujourd’hui. Grand magnétiseur, il fut considéré comme le Père du Magnétisme.
Paracelse a beaucoup écrit, mais son style est diffus, énigmatique ; on le devine plus qu’on ne le comprend. Ses œuvres ont été plusieurs fois rééditées ; la meilleure édition est celle de Genève, 1658, 3 volumes in-folio, avec figures.
Un autre « Mage » de l’époque, Nostradamus (pourquoi ce nom qui signifie Notre-Dame ?), fut un célèbre astrologue. Il mourut en 1566.
Voici ce qu’en disait Roger Duguet, alias l’abbé Paul Boulin, dans son ouvrage posthume « Autour de la Tiare  » :
« Il n’est personne aujourd’hui, en dehors de quelques cercles occultistes, qui attache une grande importance aux Centuries du vieux mystagogue de salon. C’est un pot-pourri de logogriphes, dont la grande adresse est de se maintenir dans une obscurité dense hors de tout cadre ou grille chronologique susceptible de vérification. Les quatrains s’en échappent, comme les perles d’un collier qui s’égrène ; et ces charades, à tout moment, ont pu signifier tout ce que l’on a voulu et comme on l’a voulu.
« Le premier succès de Nostradamus a tenu à quelques-unes de ces rencontres fortuites, que Montaigne a si bien nommées : « les espiègleries du hasard ». Celles-ci n’ont jamais manqué de confirmer à peu près certaines prévisions de tous les prophètes qui eurent la patience d’en rédiger un assez bon nombre. Ainsi, les contemporains, parmi l’amas de ces rébus sans queue ni tête, furent-ils frappés de ce présage abscons sur la mort de Henri II :
Le lion jeune le vieux surmontera
En champ bellique en singulier duel,
Dans cage d’or les yeux lui crèvera,
Deux plaie une, puis mourir mort cruelle.
« C’était assez pour fonder la réputation d’un homme !
« Laissons donc délibérément de côté son fatras d’oracles hermétiques, en attendant que quelqu’un de chez nous, s’il y voit vraiment clair, se lève et le dise. Jusque là, les oracles de Nostradamus resteront au nombre des périlleux recueils d’abracadabra tout juste bons à tournebouler les faibles cervelles. »
FIN DU 4ÈME SIÈCLE : DU MOYEN ÂGE À LA RÉVOLUTION


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