Marc Dugois Marc Dugois 18 juillet 09:48

@Spartacus Lequidam

Enfin un contradicteur virulent qui de bonne foi m’affronte sur le fond du problème. Je regrette simplement qu’il place la bêtise chez moi et qu’il voit dans ma constance un refus d’évoluer. J’apprécie en revanche qu’il ne se classe pas lui-même dans sa présentation dans les «  minables incapables d’assumer la contradiction ». J’aimerais tellement le faire réfléchir, lui et ses semblables totalement majoritaires, sur la complicité objective qu’ils ont avec la chute d’une civilisation incapable de survivre sans une augmentation permanente de ses fonctionnaires, une diminution tout aussi permanente de ses producteurs et un refuge quasi général dans les services à la personne qui amortissent provisoirement la chute tout en l’accélérant.

Tout cela parce qu’il croit à la création objective de richesse sur laquelle on peut faire de la mathématique, alors que la richesse est pas définition subjective. La richesse ne devient objective qu’à l’intérieur d’une civilisation stable, la richesse y étant d’ailleurs très différente de la richesse d’une autre civilisation stable.

Mon contradicteur voudrait rendre objective sa définition de la richesse qu’il voudrait donc rendre universelle comme si notre civilisation déclinante était LA civilisation. Nous n’arrêtons pas, par notre énergie, de créer des produits et des services qui ne sont reconnus comme richesses que si ils sont le fruit d’un travail réputé intelligent par les autres. Nous oublions que tout ce que nous produisons se termine en déchet, que toute richesse est provisoire et que les architectes actuels construisent pour cent ans. Nous admirons que les Romains aient su construire pour des milliers d’années mais tout se retransformera aussi en gravats. La richesse ne se crée pas, elle se reconnait provisoirement. Elle n’est qu’un regard par définition changeant et provisoire. Comment peut-on parler de création de richesse puisque la richesse ne se crée pas ? Elle ne se produit pas, elle se reconnait. Ne pas en être conscient c’est confondre le lait et le purin.

Nous vivons actuellement l’abomination d’une civilisation décomposée où il n’y a plus de richesse collective reconnue et où chacun voudrait rendre objective sa notion personnelle de la richesse. Cette imbécilité est alimentée par le PIB, somme de toutes nos dépenses, elles-mêmes artificiellement boostées par une création permanente de monnaie sans travail humain antérieur.

Personne ne me fera abandonner la dénonciation de ce drame en me demandant d’évoluer, alors qu’eux-mêmes n’évoluent pas et s’enferment avec des mots creux dans une pseudo science économique moribonde et prétentieuse. Je me souviens, il y a 30 ans, d’une réunion avec une trentaine d’étudiants de Dauphine. Ils m’avaient paru tellement formatés dans l’erreur que je me suis laissé aller à leur dire « J’ai vraiment l’impression que vous répétez sans comprendre tout ce qu’on vous a embequé ». Je m’attendais à une réponse agressive ou au moins violente et j’ai été stupéfait de les entendre quasiment tous me répondre : « ben oui ».

J’attends que ceux qui assument la contradiction puisque ce ne sont pas « des minables », me répondent.


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