Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 21 août 19:15

@Pascal L

Ce n’est pas sans raison que S. Jean Chrysostome invoque le témoignage des archives impériales qui relataient le recensement fait par Quirinus, et indiquaient par conséquent la date de la naissance du Sauveur. D’autres écrivains l’avaient fait avant lui. Voici un homme qui connaît le droit romain, un légiste : c’est Tertullien. Il va donner à son témoignage une précision juridique. Il avait à répondre aux Marcionites qui niaient, non pas la divinité de Jésus-Christ, elle leur semblait incontestable, mais son humanité. Pour établir la réalité de la naissance du Sauveur, Tertullien disait aux disciples de Marcion :

 

« La constatation vous est facile. Vous avez les Actes alors dressés en Judée par Sentius Saturninus, sous le règne d’Auguste ; vous y trouverez inscrite la naissance de Jésus-Christ » (1).

Ce n’est plus ici la désignation générale des registres du recensement de Quirinus, comme dans S. Jean Chrysostome, mais le titre particulier des actes compris dans ces registres sous le nom de Sentius Saturninus. Ce Sentius Saturninus, que mentionne également l’historien Josèphe, était gouverneur de la Syrie, tandis que Quirinus Publius Sulpitius était légat-censiteur dans la même province. Plus loin, Tertullien renvoie ses adversaires aux archives romaines, comme à un témoin fidèle de la naissance du Sauveur :

Do censu Augusti, quem testem fidelissimum Dominicœ nativitatis romana archiva custodiunt (2).

Remontons encore plus haut : nous trouvons le même témoignage. Le philosophe S. Justin, dans son Apologie pour les chrétiens, présenté l’an 138 de notre ère à l’empereur Antonin-le-Pieux, s’exprimait en ces termes :

« Jésus-Christ est né à Bethléem, petite bourgade de la Judée. Vous pouvez vous en assurer en consultant les tables du recensement de Quirinius (3) ».

Cette Apologie eut pour résultat de mettre fin à la troisième persécution. Comme toutes les requêtes officielles, celle de S. Justin avait dû passer, avant d’arriver à l’empereur Antonin, sous les yeux des officiers et des conseillers impériaux. Or, peut-on croire que S. Justin eut invoqué, devant de, tels juges, les registres de Quirinus, si ces registres n’eussent pas relaté la naissance du Sauveur à Bethléem ? Évidemment, donc, au temps de S. Justin, les pièces originales constatant la naissance de Jésus-Christ à Bethléem existaient dans les archives publiques de Rome. Ces archives, dont nous venons de suivre la trace dans les principaux docteurs de l’Église, depuis le IVe siècle jusqu’au IIe, ne se bornaient pas à mentionner la naissance du Christ à Bethléem et le recensement de Quirinus :

S. Jean Chrysostome nous affirme que le jour de la naissance de l’enfant de Bethléem y était indiqué et qu’on y lisait la date du 25 décembre.

 

(1) Adversus Marcionem, lib. IV.

(2) Adversus Marcionem, lib, IV.

(3) Justin. Apoiog., 1. Pro christiants ad Antonium Pium, cap. XXXIV.


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