Renaud Bouchard Renaud Bouchard 24 juin 08:28

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Un Gouvernement sérieusement emmouscaillé...

Discours de politique générale, vote de confiance… Élisabeth Borne peut-elle esquiver l’Assemblée ?

Depuis le second tour des législatives, l’opposition réclame la venue d’Élisabeth Borne devant l’Assemblée pour y soumettre son projet politique à un vote de confiance, comme le veut la tradition. Mais la Première ministre est-elle obligée de s’y soumettre ?

Pendant son allocution mercredi 22 juin 2022, Emmanuel Macron n’a pas prononcé son nom une seule fois. Élisabeth Borne, nommée Première ministre le 16 mai dernier, reste en place malgré le dépôt de sa démission - refusée par le chef de l’État – au lendemain du second tour des élections législatives. Dimanche, le président de la République a perdu sa majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Depuis dimanche 19 juin, l’opposition de gauche réclame ainsi la venue d’Élisabeth Borne au palais Bourbon pour présenter son discours de politique générale, avant un vote de confiance des députés.

« Tirer sa légitimité d’une majorité de parlementaires »

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a déclaré mercredi 22 juin sur BFMTV que la Première ministre doit «  tirer sa légitimité d’une majorité de parlementaires : il serait logique que Mme Borne, vienne s’expliquer, dire ce qu’elle veut faire, et en fonction de ce qu’elle dira, obtenir ou pas la confiance d’une majorité à l’Assemblée ».

Plus direct, Jean-Luc Mélenchon a de nouveau appelé la Première ministre à solliciter la confiance par un vote des députés, et à démissionner si elle ne l’obtient pas.

Le discours, prévu début juillet, décalé

Pour l’instant, aucune date n’est fixée pour le discours d’Élisabeth Borne. Sa déclaration, qui était prévue le 5 juillet, pourrait même être décalée d’une semaine, a affirmé Olivia Grégoire, porte-parole du gouvernement, ce jeudi 23 juin 2022 sur Franceinfo. En cause, les négociations avec les oppositions, qui peuvent prendre du temps afin de trouver une méthode de fonctionnement au parlement. « Nous sommes partis pour plusieurs jours, plusieurs semaines, peut-être plusieurs mois de négociations », a confirmé l’eurodéputé Renaissance Gilles Boyer, ce jeudi sur BFMTV.

Pourtant, Élisabeth Borne n’est même pas obligée d’en passer par l’Assemblée. Le vote de confiance n’est pas obligatoire pour un nouveau gouvernement, pas plus qu’une déclaration de politique générale. Mais selon Guillaume Tusseau, professeur à l’école de droit de Sciences Po, interrogé par l’AFP, elle reste « intuitivement attendue du Premier ministre ».

Une tradition rarement esquivée par les Premiers ministres

Cette tradition républicaine bien implantée reste en effet quasiment incontournable. Si plusieurs prédécesseurs d’Élisabeth Borne avaient choisi de ne pas s’exposer à un scrutin de l’Assemblée nationale (Michel Rocard, Édith Cresson et Pierre Bérégovoy), la manœuvre serait aussi un aveu de faiblesse.

En l’absence de vote de confiance, LFI a déjà promis de déposer une motion de censure. Pour qu’elle fasse chuter le gouvernement et la Première ministre, il faudrait qu’elle soit votée par 289 députés, au moins.

« Le gouvernement serait bien inspiré de ne pas demander la confiance », a réagi Christian Jacob, le chef de file des Républicains jusqu’en juillet, après sa rencontre avec Emmanuel Macron mardi 21 juin.

Source : https://www.ouest-france.fr/politique/institutions/assemblee-nationale/discours-de-politique-generale-vote-de-confiance-elisabeth-borne-peut-elle-esquiver-l-assemblee-eaaa7988-f2cd-11ec-aa92-a0c5552bd42a


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