Et hop ! Et hop ! 7 août 10:45

@Pierre-Marie Baty : (compagnonnage, rites forestiers, charbonnerie, etc.)

Il me semble que c’est le XIX siècle.

Sous l’Ancien Régime, les commerçants et artisans des métiers avec communauté jurée devaient être admis comme maître dans celle de leur ville après avoir satisfait à la formation (comme les géomètres ou les médecins) et fait le serment de respecter les règles professionnelles. Le nombre de postes était limité dans chaque ville, comme pour les pharmacies actuellement. Les veuves pouvaient continuer à exercer le métier de leur mari. Les statuts types des communautés et de leurs membres étaient pris pour tout le royaume par lettres patentes du roi, comme les conventions collectives actuellement qui sont prises par décret en conseil d’État pour toutes les entreprises d’un secteur.
Les communautés de métier assuraient un contrôle technique et commercial avec des jurés, elles ne jouaient aucun rôle social ou mondain ou politique, sauf à avoir des consuls ou des échevins dans la municipalité.

Parallèlement à chaque communauté de métiers, il y avait une ou plusieurs confréries à caractère religieux, sous l’égide du saint de la profession qui assurait tout ce qui est social, éducatif, avec des banquets, des messes, des allocations pour les invalides, les orphelins, les retraités, etc.. Elles pouvaient avoir des écoles et des lits pour les vieux et les invalides. Elles se finançaient par dons, legs, cotisation volontaire obligatoire. Ce sont elles qui assuraient la dimension sociale et conviviale, culturelle, éducative, avec des réunions régulières, qui participaient aux processions, organisaient des fêtes ou des spectacles, faisaient aussi des dons à l’église ou à d’autres oeuvres.

Il y avait des formes traditionnelles précises à respecter dans les gestes, les procédures et le langage, mais ça relevait du folklore pas du rituel religieux comme la franc-maçonnerie.
Ni les communautés, ni les confréries de métier n’avaient de caractère spéculatif et idéologique, sauf probablement pour les professions langagières comme celles des avocats, magistrats, notaires,...

Seuls les maîtres des métiers avaient le droit de vendre des produits au public (d’où leur appellation de marchands), les compagnons ne pouvaient pas vendre leur production y compris aux maîtres qui devait les payer au temps, et pas à la tâche. Le prix minimum de l’heure était fixé dans chaque ville. Chaque année à la même date, en général celle de la fête du métier, tous les compagnons étaient libérés de leur engagement et renouvelés au cours d’un banquet organisé par la confrérie du métier dans un cabaret. Tous les membres d’un secteur professionnel étaient en principe offreurs et demandeurs d’emploi en même temps un jour par an.

Il y avait aussi beaucoup de métiers sans communauté jurée, qui étaient des professions réglées, avec un règlement et un contrôle relevant directement de la police, comme la boulangerie, et des métiers libres sans formalités. 

Pour les paysans, il n’y avait pas de communauté de métier mais une communauté des habitants, avec un syndic et parfois un conseil, parallèlement à la paroisse où se trouvaient des confréries charitables et pieuses domiciliées dans une chapelle et parfois dotée de revenus par leur fondateurs ou par des legs postérieurs. Il n’y avait pas de dimension spéculative ou idéologique ou politique, en-dehors du caractère d’oeuvre catholique.

Les gens des campagnes et les gens de métiers (98 % de la population) n’ont pris aucune part à la révolution, même si certain ont suivi le mouvement. Les députés du Tiers état et les leaders n’étaient jamais des paysans ou des artisans, ils sont tous issus de la bourgeoisie de robe et de finance, en voie d’agrégation à la noblesse, ou fraichement anoblis comme Marat.


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