Et hop ! Et hop ! 8 août 14:50

@Pierre-Marie Baty

Vous avez raison, revenons au sujet de l’article qui est de savoir si Vatican II a été un complot ourdi au sein de la franc-maçonnerie où convergeaient les matérialistes protstants et juifs, et si c’est complotiste de le dire comme pour la Révolution Française.

Au XVIIIe siècle, il n’y avait pas du tout de crise de l’économie française qui était prospère malgré les réformes ministérielles libérales entreprises depis la Régence, mais une crise des finances publiques car la dette de l’État contractée par les ministres comme Necker avait atteint un niveau tel que les intérêts annuels absorbaient plus que la totalité des revenus de l’État. Il était question que l’État fasse banqueroute.

J’ai repéré dans l’histoire de la royauté dix cas de ministres des finances ou de grand argentiers qui ont été pendus pour avoir vidé les caisses et fait des emprunts, le plus souvent auprès d’eux-mêmes ou de comparses. C’était en général pendant une période de régence, et le châtiment arrivait quand le nouveau roi reprenait les rennes du pouvoir. Le dernier a été Fouquet, fils d’un armateur breton sans grande fortune, condamné à mort pour péculat, peine grâciée en prison à vie par le jeune Louis XIV qui avait passé son enfance sans fenêtres et sans bois de chauffage réfugié avec sa mère dans le vieux château de Saint-Germain, parce que, disait-on, le trésor était vide pour pouvoir faire des réparations, et on n’allait tout de même pas accabler le pauvre peuple de plus d’impôts. Le trésor était à sec parce que Fouquet détournait à son profit les recettes au moyens de prêts à intérêts dont il bénéficiait indirectement. Vous remarquerez que l’histoire officielle bourgeoise donne tort à Louis XIV en disant qu’il était simplement jaloux que son ministre des finances soit plus riche que lui et fasse construire un palais.

Les finances publiques auraient pu être redressées simplement en faisant banqueroute, et les titulaire des titres d’emprunt auraient perdu leur capital et leurs revenus.

Qui ? Qui étaient ces possesseurs des titres ? Justement la bourgeoisie d’affaire et de finance, celle qui constituait 99 % des députés du Tiers État.

Donc le premier décret de la nouvelle Assemblée nationale a été de déclarer que la dette de l’État était sacrée, qu’en la répudiant le roi se couvrirait de honte, et d’assigner en garantie la totalité des biens du Clergé (d’où le terme d’assignat donné aux titres donnés à la place), lesquels biens ont été nationalisés, c’est-à-dire confisqués pour rembourser la Dette. Son second a été de libéraliser le prêt à intérêt sans aucune condition, le troisième a été de libérer le commerce en supprimant tous les droits de douane et de libérer le travail en supprimant à nouveau toutes les communautés de métier, c’est-à-dire le droit social. 

Revenons au complot, pour cela il faut comprendre la nature profonde de la Révolution.

Quelle est la version non complotiste de l’histoire de la Révolution, c’est celle qui est enseignée depuis Guizot jusqu’à nos jours qui légitime le pouvoir républicain. Le peuple misérable et oppressé par un roi et des seigneurs tyranniques et cupides, ainsi que par une église superstitieuse et fanatique, s’est révolté et a repris le pouvoir qu’il exerce depuis par le moyen de ses représentants qu’il a élus et qui représentent l’intérêt publique, c’est-à-dire du peuple.

Quelle est la version complotiste ? C’est celle de Karl Marx. La Révolution n’a pas été faite par le peuple, elle est un coup d’État organisé par la bourgeoisie de commerce et de finance pour prendre le pouvoir et évincer l’Église et la noblesse, et instaurer le régime capitaliste manufacturier anglais.

La Première République française, après la décapitation du roi, a pour modèle la République de Cromwell qui a créé la Banque d’Angleterre, qui elle-même était sur le modèle de celle des pays-Bas assise sur la Banque d’Amsterdam, qui elle-même avait son modèle dans celle de Strasbourg, et avant dans la république théocratique (et banquière) de Calvin à Genève.

Qui a raison ?

On trouve le club Breton, dont l’orientation politique est le jansénisme parlementaire et le gallicanisme, qui devient le club des Amis de la Constitution qui crée des loges dans toutes les villes de France, qui regroupent les révolutionnaires les plus rédicaux et les plus violents. Comme son nom l’indique, ce club affirme, que les Français ne seront libres et égaux que lorsque la France aura une constitution, en attendant, c’est une tyrannie et le peuple est un peuple d’esclaves. Ce club des Amis de la Constitution deviendra celui des Jacobins et donnera les membres les plus extrêmistes de la Convention et du Comité de Salut-Public. Il n’y a quasiment aucun membre du peuple ou paysan dans ces succursales qui sont exclusivement créées dans les 200 plus grandes villes, alors que 90 % de la population vit dans les campagnes.

Pourtant, la France avait déjà une constitution, c’est-à-dire une organisation des pouvoirs, avec les ordres et leur séparation. Mais cette séparation interdisait à ceux qui exerçaient le pouvoir économique, de détenir aussi les pouvoirs spirituels (clercs) et politiques (nobles), donc elle empêchait la haute bourgeoisie de commerce et de finance de contrôler les autres pouvoirs. Et quand un bourgeois parvenait à se faire anoblir, il devait abandonner toutes ses affaires lucratives pour se consacrer à des services nobles, armée, justice, etc..

Les biens nationaux confisqués, maisons, terres, moulins, étangs, n’ont pas été donnés aux censitaires ou aux métayers, mais vendus en gros et exclusivement rachetés avec des assignats par des riches bourgeois spéculateurs qui ont ensuite pu faire payer aux anciens occupants des loyers libres beaucoup plus élevés que les anciennes redevances féodales en nature qui avaient été fixées au Moyen Âge et qui ne pouvaient pas être réévaluées.

A partir de ce moment, la bourgeoisie a concentré les trois pouvoirs, en plus d’un pouvoir législatif qu’elle s’est arrogé. En effet, les rois avaient un pouvoir réglementaire pour organiser les institutions publiques (routes, monnaie, police, armée, tribunaux, écoles,..) mais pas celui de changer les lois civiles recueillies dans les coutumes régionnales ou dans le droit écrit (mariage, minorités, régime dotal, successions, propriétés, contrats,..), ni la langue, ni le costume. Seule la jurisprudence pouvait faire évoluer ces coutumes qui étaient le statut civil personnel propre aux habitants de chaque région.

Il faudrait approfondir pour voir la contribution des réseaux maçonniques dans la diffusion du libéralisme économique et dans l’exécution du coup d’État.

Les réformes économiques libérales faites par les ministres à partir de la Régence n’avaient pas pour but d’améliorer la production des richesses, mais de permettre à des commerçants et des capitalistes d’en prendre le contrôle, de truster, de spéculer, et de prélever une plus grande part des richesses produites au détriment du peuple. Ce sont ces réformes qui ont provoqué des disettes et des renchérissements importants du prix du pain.

Avant la libéralisation du marché du grain, les paysans avaient interdiction de vendre leur blé à la ferme et en vert (avant la récolte), ni de signer des promesses de vente, ni de l’hypothéquer, ils avaient obligation de porter tote la part de récolte qu’ils voulaient vendre à la halle publique où elles étaient mesurées et exposées jusqu’au jour où toutes les récoltes du lieu étaient vendues par enchères publiques, exclusivement à des marchands de grains répertoriés assurant la distribution. L’achat revente par des spéculateurs était de ce fait limitée. Le but était qu’un véritable prix collectif de marché se forme en fonction de l’offre et de la demande, et d’empêcher que les paysans se fassent extorquer leur récolte à bas prix à domicile à la sortie de l’hiver parce qu’ils avaient besoin d’argent. ce système de protection a été démantelé et provoqué des spéculations énormes par ds financiers qui achetaient et stockaient tout le grain pour provoquer une pénurie. Les réserves stratégiques de grains dans des tours silos que certains ordres monastiques avaient l’obligation dacheter et de conserver pour pallier à des disettes ont aussi été supprimées pour libérer le marché.

Tout ça est très semblable à la période actuelle depuis le grand tournant libéral des annérs 1980 qui a mis fin sous prétexte de libéralisation des marchés au système colbertiste mis en place en 1945 et sous le Gaullisme, les effets dévastateurs aussi.

 

 


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