La notion de vie chez André Pichot nous paraît pouvoir mettre en relief la conception freudienne. Dans son ouvrage sur l’Histoire de la notion de vie (Pichot, 1993), celui-ci propose de définir la vie comme un écart par rapport à l’environnement. Ainsi est vivant ce qui s’écarte du destin de l’environnement. De la même façon chez Freud, la vie est cette tension, éphémère, qui contrecarre le retour à l’inanimé. La vie serait donc caractérisée par le fait qu’une chose devient plus ou moins imprévisible par rapport à son environnement : le destin d’une fleur est plus prévisible que celui d’un animal et celui d’un animal plus prévisible que celui d’un humain. Dans cette optique, Jung pense également la vie comme différenciation, individuation de son propre parcours, non réductible aux aléas de l’environnement. En ce sens, l’uniformité et l’indistinction représentent un grand péril pour l’être vivant. On comprend mieux ainsi le rapport entre compulsion de répétition, qui confère à la vie d’âme son « caractère démonique » (Freud, 1996, p. 172), et pulsion de mort. En effet, la vie, c’est le travail de la différence. Freud cite d’ailleurs cette définition d’Hartmann, pour qui la mort est « la conclusion du développement individuel » (Freud, 1920, p. 320).


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe