masuyer masuyer 27 juin 2007 07:51

Jef88,

je suis heureux de trouver un vosgien ici, autre région a forte culture forestière.

Pour Tronçais, j’y suis passé il y a un an, rapidement je vous l’accorde, mais les parcelles que j’y ai vu méritaient le détour, avec des chênes bien élancés dont l’écorce laissait imaginer la finesse du grain. Mais je ne peux rien affirmer pour le massif dans son ensemble n’ayant pas poussé ma visite plus avant.

Je voudrais par contre revenir sur le problème des engins de débardage. Il est vrai que l’on peut assister à une forme de « course à l’armement » en matière d’engins. Il existe plusieurs explications :

- La première, c’est la tempête de 1999. Pour faire face à l’ampleur de la catastrophe l’Etat (et l’Europe) ont encouragé la mécanisation par la mise en place de subventions. Une certaine modernisation du parc n’était pas forcément malvenue, mais certains dans la profession relèvent aussi des dérives. Cela pourrait faire l’objet d’un débat. Nous pourrions d’ailleurs nous appuyer sur l’exemple de l’agriculture pour aider la réflexion.

- La deuxième, c’est la course au rendement. Les prix au m3 ont peu évolué depuis 20 ans, quand l’ensemble des charges ( essence, pièces, salaires,etc) ont, elles, augmentées. Les prix sont tellement limites qu’on évite aujourd’hui de laisser « dormir » le matériel. Or si vous débardez sur un terrain mouilleux vous entrainerez un orniérage plus conséquent. La plupart de mes collègues remettent un « coup de lame » en fin de chantier, mais il est des régions où les prix sont moins élevés et le « coup de lame » passe parfois à la trappe.

- J’en vois une troisième : le coût des machines étant plus important, le rayon d’action des débardeurs augmente. Or l’impact des machines sur le sol dépend beaucoup de la composition du sol. Dans les Landes par exemple, le sol très sableux résiste bien au passage d’engins, sur des sols plus argileux, cela n’est plus vrai. Comme il n’existe pas d’engin universel, on est amené à rencontrer des problèmes.

Il existe des solutions, et notamment une modernisation de la desserte forestière, afin qu’elle soit plus adaptée aux conditions d’exploitation actuelles.

Le problème est vaste et il mériterait d’être débattu plus complètement. Il m’apparait très important qu’il y ait des discussions entre les différents acteurs de la forêt, c’est à dire les forestiers, les usagers de loisir (randonneurs, chasseurs) et les naturalistes. Ceci afin d’éviter des conflits nés souvent de la méconnaissance des autres.

Cordialement

Ps : j’oubliais un lien sur Tronçais http://www.onf.fr/foret/dossier/troncais/


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