ronchonaire 5 mars 2008 10:29

Au risque de faire un peu "d’économisme", vous oubliez un des rôles fondamentaux de l’Etat, a fortiori pour un libéral : compenser ce que nous appelons dans notre jargon barbare d’économiste les "imperfections de marché". J’en vois deux en particulier qui me semblent cruciales :

 - les "monopoles naturels", c’est-à-dire les industries pour lesquelles les économies d’échelle sont telles qu’il est plus efficace d’en laisser la production à un monopole public ; c’est le cas notamment des industries de réseaux qui nécessitent des investissements en infrastructure considérables. Je précise que je parle bien de la production et non pas de la distribution qui peut (doit ?) être mise en concurrence.

 - les "externalités", qu’elles soient positives ou négatives. Vouloir privatiser l’éducation et la santé, c’est bien joli, sauf que les éventuels opérateurs privés n’ont aucun intérêt à fournir un service de qualité s’ils n’arrivent pas à "internaliser" les externalités que ces secteurs génèrent. Or, le seul moyen pour eux d’y parvenir serait d’augmenter le prix de ces services, avec le risque d’en empêcher l’accès à une bonne partie de la population (sauf à prévoir un système de bourses adéquat).

Personnellement, en tant que libéral, je serais plutôt partisan de l’éducation et la santé pour tous, au nom de l’équité (à ne pas confondre avec l’égalité) : on donne les mêmes moyens de réussir à tout le monde et on les laisse ensuite se "débrouiller" en laissant libre-cours à la capacité d’innovation et d’adaptation. Ce que vous dénoncez en parlant de fausse solidarité, c’est avant tout le fait que les politiques menées jusqu’à maintenant cherchent à lutter contre les inégalités, pas contre l’inéquité. En d’autres termes, on cherche à combattre le symptôme, pas la maladie elle-même. C’est là tout le problème.


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