abelard 11 septembre 2008 16:34

Cher Sisyphe...

Il n’y a pas à s’étonner comme vous le faites : si koons est exposé à Versailles c’est uniquement parce que ses oeuvres se vendent à un prix démentiel. C’est d’ailleurs son unique talent, vérifier que sa côte monte et racheter ses "expulsions" pour faire monter les prix, ce n’est pas un ancien trader pour rien...
La valeur des oeuvres "contemporaines" ne se mesurent qu’à cet étalon (sans aucun rapport avec la qualité, la sincérité, la vision, l’habileté, la pertinence etc...). Un artiste qui vend cher a du talent, les autres non.
Le Monde Diplomatique, dans son édition de juillet 08, a publié un excellent artiste à ce sujet.

En ce qui me concerne, je garde un souvenir ému de ma visite du Palazzo Grassi de Venise il y a deux ans, lorsque François Pinault y exposait sa merveilleuse collection d’art contemporain. (celle qui devait à l’origine faire le bonheur de Billancourt et dont la majorité des commentateurs médiatisés a déploré avec des torrents de larmes la fuite en Italie)

... L’endroit était désert... Un musée vénitien dépourvu de horde de touristes est déjà tout à fait surprenant, mais loin de la stupéfaction de la préposée guichetière lorsque je lui ai demandé deux billets d’entrée.

Pour le reste...

Le Palazzo Grassi est splendide : construit entre 17748 et 1772 par Giorgio Massari, il est un des fleurons du Grand Canal. Harmonie de l’architecture, beauté des plafonds, rien ne manque à l’éblouissement.

On peut simplement déplorer l’absence de conscience professionnelle des femmes de ménages. Dans le hall, par exemple, un ballon en forme de coeur gagné par l’arrière petit-fils de Gargantua à la foire du trône gâche la beauté du lieu. De même au premier étage, une vache nommée Hirst et découpée en morceaux laisse penser que des Gi’s déboussolés de retour d’Irak y ont abandonné leur provision de corned beef. De même on trouve au détour des couloirs des lots de kooneries en tous genres issus des petites boîtes "plaisir d’offir, joie de recevoir" de la fête à Neuneu...
Je n’ai finalement retenu qu’une chose de la visite, le nom du "commissaire" à qui l’on devait ce foutage de gueule intégral : Jean-Jacques Aillagon.

Un doute m’étreint subitement : serait-il de la même famille que le Jean-Jacques Aillagon responsable de la tartufferie versaillaise ?


PS : Pinault a finalement trouvé le Grassi trop petit pour la magnificence de son ego contemporain. Il a racheté la "pointe de la douane", toujours à Venise, et s’apprête à y déposer ses féces. Le nouveau petit coin ouvrira en juin 2009. Une bonne nouvelle pour ceux qui, visitant Venise, chercheraient un endroit dépeuplé pour se reposer de l’agitation de la Sérénissime.


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