Bloggy Bag Bloggy Bag 24 janvier 2009 19:30

Bel exemple de procès d’intention à l’aide d’interprétations très particulières.

D’abord sur le FMI (qui n’est pourtant pas la question ici), je vous renvoie à la très peu néo-libéralité de l’apurement de la dette du Libéria, ou encore à la demande (d’ailleurs suivie) d’intervention massive et cohérente des Etats lors de la crise financière. Nous sommes loin il me semble de "la main invisible" qui résout d’elle même tous les problèmes. Mais ce n’est pas l’objet de ce texte.

1) Je ne vois pas en quoi une approche rationnelle, scientifique, civique et responsable est une approche condamnable.

2) Le principe de précaution nous paraît mauvais parce qu’il peut trop facilement être un alibis pour que le politique se désengage et n’agisse pas : lorsque l’on est élu à une fonction, on doit accepter la responsabilité de cette fonction y compris lorsque vous devez décidez sans avoir de certitude. Le risque évoqué est que les élus se retranchent derrière un "je ne fais rien au nom du principe de précaution, donc on ne peut rien me reprocher".

3) Il n’y a pas de dogme concernant la croissance en ce qui nous concerne. J’ai une image pour la croissance : c’est de l’énergie nécessaire au changement. Cette énergie peut être utilisée à de bonnes choses (écologiques par exemple) ou à des débilités. Inversement, ne pas avoir cette énergie revient à ne pas avoir de moyens de changement. La croissance est un moyen, c’est du but qu’il faut discuter.

4) "Le capitalisme, poursuivant sa logique de privatisation des moyens de production et encourageant la cupidité et l’avidité humaine comme moteurs de l’économie, ne porte-t-il pas dans sa nature même la responsabilité de la situation que nous connaissons aujourd’hui ?". Ciel, en ce qui nous concerne, notre volonté est de laisser la production au privé lorsque nous n’avons aucune raison d’y mettre notre nez, et dans le cas contraire, de nationaliser là où c’est nécessaire, quand c’est nécessaire, pour la durée nécessaire.

5) Sur le nucléaire. Nous faisons le constat que le parc nucléaire existe et que oui, il peut nous permettre de répondre à une urgence. Et oui nous fixons un cap vers sa disparition, mais pas du jour au lendemain. La mécanique envisagée ici est de remplacer 3 ou 4 centrales de vieille génération par une ou deux. Si a chaque génération on réussit cela (grace à l’amélioration des performances du nucléaire, à la montée en charge des productions alternatives, aux économies d’énergie), alors oui à terme on arrive bien à la fin du nucléaire. Pas sûr que je le vois un jour, mais au moins on trace une route qui va dans le bon sens et qui est réaliste. Si vous avez mieux, nous sommes preneurs.

6) Le nucléaire ne résout pas le problème climatique, il résout le problème énergétique et dimune notre impact carbone. Rien de plus, rien de moins.

7) Oui la réduction de la consommation est fondamentale. Mais comment on oblige les gens à moins consommer, surtout si on est dans une phase de décroissance. S’éclairer à la bougie n’améliore pas le bilan carbone, est mauvais pour la santé et ne serait pas accepté. Produire aussi bien que possible va de pair avec consommer aussi peu que possible, cela ne s’oppose pas.

8) La conclusion ne nous paraît pas contradictoire, même s’il est clair que la refondation socdem va devoir concilier l’individualisme ambiant et la société. Nous faisons le pari de réussir à concilier une volonté et un avenir collectif avec la reconnaissance de l’individualité de chacun : équité pour chacun, égalité pour tous.

Je crois qu’il y a dans votre commentaire un ensemble de pré-supposés issus du passé qui ont du mal à vous faire comprendre ce que nous voulons vraiment. Il y a pas mal de raisons à cela, y compris des raisons dont le PS est responsable, mais je crois que nous réussirons vraiment à refonder ce parti et son idéologie, en mieux.


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