eric 30 janvier 2009 08:14

Dans l’ensemble, ce film à vous entendre doit effectivement être assez rigolo !

 Un point gênant cependant, si je vous comprends bien, c’est un film à œillères…En réalité un procès à charge contre les seules : religions-plus-ou-moins-monothéistes- traditionnelles etc…

 Depuis au minimum Vatslavik, nous savons qu’il existe, à tous le moins, une faille dans la raison humaine ;

Les lumières, la raison, constituent de nobles idéaux, à peu prêt aussi facile à concrétiser que la citée de Dieu. Et sans même évoquer des psychologues, nous savons tous que nombre de choix important dans nos existences ne sont nullement raisonnables, que ce soit des choix de conjoint, des jalousies, des passions, des inimitiés etc…

Le diagnostic de gens, sains d’esprit et rationnel dans la plus part des dimensions de leur vie, et un peu délirant en ce qui concerne certaines « croyances » peut être fait pour la totalité des population et des idées.

 L’article et sans doute le film en offrent d’ailleurs un assez bonne illustration. Compte tenu des progrès des sciences sociales, on voit bien qu’il est rempli de « croyances » assez peu rationnelles pour ne pas dire plus.

 Pour ne prendre qu’un exemple, vous pouvez comparer vos affirmations aux résultats des études démographiques et sociologiques d’Emmanuel Todd

 « En ce début de siècle au cours duquel le déferlement d’un tsunami sans précédent de bondieuseries , de bigoterie et de radotages obscurantistes submerge le monde entier , y compris, malheureusement, la France »
Il n’y a pas de tsunami. A peu prêt partout, et notamment en France, les taux de pratique religieuse diminuent. Il y a d’innombrables précédents historiques de « réveil religieux » beaucoup plus significatifs.

 « Croire »quasi religieusement, à une corrélation entre religion et guerre par exemple constitue une sorte de délire anti clérical assez peu raisonnable. Dans les siècles récents il n’y a pas un conflit dont les causes principales soient religieuses. Nazisme et le communisme se voulaient tout deux raisonnables et scientifiques. Le premier l’étant sans doute d’ailleurs un peu plus puisqu’il désignait un bouc émissaire plus ou moins extérieur même si fantasmé, quand pour le second, paradoxalement plus nihiliste, n’importe qui pouvait être accusé d’être « un petit bourgeois ». Les Nazis voulait tuer « les autres » les bolcheviques y compris « les leurs ». Le nationalisme est un héritage des lumières. Le sionisme des Kibboutz était plus socialiste et nationaliste que religieux.  La terreur et la Vendée se sont fait au nom des droits de l’homme ; etc…

 D’après Todd, des révolutions entraînant éventuellement des conflits, surviennent quand 50% des hommes jeunes accèdent à l’alphabétisation. Elles adoptent en général des idéologies adaptées aux contextes anthropologiques qui sont les leurs et qui paraissent souvent délirantes aux observateurs extérieurs. D’ailleurs, les « islamistes » sont une illustration parfaite. Ils ont en général tenté ce que l’on appelait « l’islamo progressisme » puis comme cela était inadapté à leurs sociétés ils ont inventé une forme proche qu’ils ont revendiqué musulmane. Ce sont sociologiquement les mêmes jeunes diplômés évoqués par Todd que les bolcheviques. Si vous avez la curiosité de regarder leur discours, ils sont étrangement semblables à ceux des altermondialistes en remplaçant « élites ultralibérales mondialisées » par sionistes et américains. Ici aussi, la rationalité est d’ailleurs sans doute plus dans le camp des musulmans. Il y peut être a plus de rationalité pour une jeune musulman à croire à une déstabilisation culturelle de sa société par l’occident que pour un universitaire français volant pour Porto Alegre de se plaindre de la mondialisation…

 
On pourrait faire exactement le même film avec des corpus d’idées absolument dépourvus de religiosité traditionnelle. Président athée consultant des voyantes, élu progressiste n’aimant pas les riches et payant l’ISF ou s’achetant des montres de prix. Pseudo adeptes de Ghandi préconisant le « démontage non violent » de Mac Donald, ou le ratonnage « non violent » d’adversaires politiques
En définitive, il me semble que votre article et sans doute  le film illustrent à merveille les thèse de Marcel Gaucher, les idéologies laïques se sont construites dans le combat avec les religions traditionnelles et la disparition de celles-ci en tant que phénomène sociologique majeur (pas nécessairement comme phénomène spirituel) laisse fort dépourvu leurs adeptes qui tentent de ranimer des épouvantails. . Pour deux raisons.

 Cela constitue une part de leur identité historique.

C’est la seule chose qui reste de leur « croyances raisonnables ».

 Après l’échec de toutes les formes connues de socialisme réel mis en pratique, on peut encore se raccrocher à l’idée que « si nous avons « raisonnablement raison », parce que nous, au moins, ne croyons pas qu’un palestinien ait pu marcher sur l’eau il y a 2000 an.

 Fim et article auraient eu plus de porté si ils avaient contribué à mettre en évidence les excès,  et les ridicules qui peuvent guetter toutes les croyances humaines. Avec peut être un bémol, dans la gestion difficile de ce qu’il y a de moins rationnel en chacun de nous, comme le montre René Girard, les grandes religions monothèsistes sont peut être, quand même, expèrience historique à l’appui, ce que l’on a trouvé de moins dangeureux.

Votre titre l’illustre. La dérision est quelque chose de méchant, d’aggressif. L’humour eu suffit si l’objecti était raisonnable et biuen intentionné.....


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