Philippe Aigrain Philippe Aigrain 19 février 2009 08:32

Après avoir lu à tête plus reposée l’article de Florentin Piffard, je m’aperçois que je vous ai répondu à côté ou en tout cas incomplètement. Si l’on accepte son hypothèse que c’est la perte d’autonomie et de capacité d’action dans l’univers social concret qui nous pousse à nous investir dans la sphère des expressions numériques, alors il ne suffit pas comme je l’ai fait de souligner que les liens dans cette sphère sont bien réels et porteurs de collectif(s). La question reste intacte de savoir si les activités correspondantes sont des substituts ou ont un effet en retour dans d’autres registres d’activités et d’autres univers sociaux. Je n’oserai pas y apporter une réponse générale. Mais je pense que beaucoup de ceux qui s’expriment sur internet ont aussi, de façon diverse, des investissements hors de la sphère numérique et que les deux dimensions sont irréductibles l’une à l’autre mais pas séparées. Je ne souhaite pas revenir à l’autonomie autarcique (qui est à mon sens une illusion rétrospective à l’échelle des individus, seuls les communautés étaient réellement autarciques, et avec des effets pas toujours rigolos sur les individus) mais construire une dépendance aux autres qui soit humainement acceptable et politiquement débattue. Est-ce que les échanges sur internet nous poussent à le faire ? Pas forcément. Mais si nous nous y engageons, alors ces échanges nous y aident.


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