simeonl 22 septembre 2009 23:00

Au delà de la question du vol de données informatiques, c’est aussi le fait que ce soient ces fichiers là qui ont été falsifiés à des fins de calomnie, et que l’on pourrait au moins théoriquement accuser Bourges et Robert de les avoir eux-mêmes faussés, ce que je crois pas un instant d’ailleurs.

L’ironie de la chose c’est que ce sont précisément les accusations de Denis Robert (la plupart du temps récusées en justice, mais pas toutes) qui ont permis la calomnie, puisque pour le commun des mortels cette chambre de compensation internationale est équivalente à magouille internationale et fraude fiscale, alors qu’en réalité la fraude fiscale n’a rien à y voir (ou alors indirectement) puisqu’il s’agit du règlement de soldes sur les marchés des capitaux : Clearstream par exemple est directement partenaire de la Banque de France quand il s’agit de solder des achats/ventes d’obligations émises par l’état français. Ce qu’il faut en retenir est que ce sont des montants énormes qui sont en jeu, ce qui implique aussi que les clients de Clearstream aiment la discrétion (rendre les transactions publiques, c’est aussi révéler les stratégies des clients, cela ne se fait pas à l’échelle nationale, et pas plus sur l’international). Mais on peut aussi imaginer que c’est par là qu’ont transités les fameuses retrocomissions des ventes de frégates (par l’émission de titres bidons p.ex.). Ce serait en fait possible d’en savoir plus, Clearstream serait obligée d’ouvrir ses historiques de transaction, encore faut-il savoir ce que l’on cherche et surtout qu’un juge français en fasse la demande officielle. Mais pour ça il faudrait qu’on lève le secret défense, ce que personne n’a jamais voulu faire puisque cela mouillerait trop de monde et de plus engendrerait des dépenses supplémentaires pour le contribuable français à cause des amendes devenues inévitables contractuellement. Que ce soit les clans de Mitterand, Chirac ou Sarkozy, ils en ont probablement tous profité à des degrés divers, et aucun n’a eu intérêt, dans l’exercice de son pouvoir, à rendre  public le scandale. Pas plus, et pas moins, aujourd’hui qu’hier. Il est - en principe, autre ironie de l’histoire -  beaucoup moins risqué de faire circuler des listings truqués et d’utiliser le ramdam médiatique généré par Denis Robert autour de Clearstream à des fins de calomnie que de lever le secret-défense. Si Chirac et ses sbires n’avaient rien eu à se reprocher, ils l’auraient levé quand ils étaient au pouvoir. C’est un aspect des choses que l’auteur de l’article passe sous silence quand il attaque Sarko sur ce terrain.


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