décurion 15 décembre 2009 18:27

Pour avoir une idée plus précises sur ce qu’était l’Algérie française, puisée à la même source.

Veut-on un exemple ? Nous pouvons citer une Commune mixte du département de Constantine, dont la superficie est de plus de 138.000 hectares (l/30e de la surface de la France, ou trois fois celles du département de la Seine).

La population de cette commune est de 110.000 habitants, dont un millier de Français, répartis sur 1.000 kilomètres carrés de territoire. La profession agricole y est représentée par 3.000 chefs d’exploitations indigènes cultivant 30.000 hectares, et 45 colons français d’origine cultivant 6.000 hectares, en blé principalement.

Rappelons ici que la même région faisait partie de l’antique Numidie, qui alimentait par l’Annone, en blé dur, la grande métropole romaine.

En Algérie, comme en France, a été appliquée une réglementation destinée à assurer la subsistance locale ainsi que les ensemencements, le surplus devant participer aux envois à faire pour venir en aide à la Mère patrie.

Dans la commune qui nous intéresse, nous pouvons donner des chiffres sur les résultats obtenus par cette opération de réquisition légale, pendant trois campagnes agricoles récentes. Ces chiffres démontrent la résistance opposée par les milieux autochtones à. la collecte à laquelle ils étaient soumis obligatoirement par la loi.

En 1944, les Français d’origine ont livré 16.139 quintaux, les indigènes 5.475, soit, pour ces derniers, 55 kilos par hectare. L’année représentait une petite moyenne comme récolte.

En 1945, année moyenne, les colons ont livré 22.000 quintaux, les indigènes 400 quintaux,

En 1946, la récolte a été abondante. L’administration, sollicitée par la Métropole, s’est efforcée de faire pression dans les douars pour obtenir enfin un résultat moins décevant que les années précédentes. Les résultats suivants ont été obtenus après une active propagande auprès des chefs locaux, Caïds et Ouakafs : 62.000 quintaux ont été versés par les colons français, 23.000 par les indigènes, soit 76 kilos de blé par hectare pour ces derniers. Ajoutons que 113 procès-verbaux ont été dressés à l’encontre d’indigènes qui n’avaient même pas fait de déclaration de récolte. Mais ces constats n’ont pas été suivis de sanctions.

La commune dont nous parlons compte, sur la partie nord de son territoire, de nombreux petits exploitants d’oliviers. Pas un litre d’huile n’a été recueilli chez les récoltants qui ont, presque tous, bénéficié du ravitaillement familial en huile, organisé par l’administration.



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