Christian Delarue Christian Delarue 4 février 2010 00:43
Service public et néolibéralisme.
 
C’est dans les entreprises publiques et les services publics que se voit le mieux le travail du néolibéralisme.
 
Dans les administrations publiques on est passé d’un discours empreint de juridisme à un discours économiste. Le fonctionnaire a profil administratif est devenu manager et même « patron ». Il voit dans les usagers des clients. Du coup au lieu de satisfaire des besoins sociaux il se préoccupe de la solvabilité des demandeurs. Point d’argent point de service ! Un critère d’exclusion typique du monde marchand est introduit massivement dans les administrations et les services publics. Plus fondamentalement, il applique non seulment les recettes de stages sur le bon management humain mais aussi et surtout une normativité qui relève d’abord de la rentabilité, de la performance issue du monde marchand et capitaliste . Cela fonctionne d’autant plus facilement que les privatisations ont peu peu placé les services publics dans le champ de l’économie marchande.
 
Deux mots sur le néolibéralisme . Il n’est pas seulement défini par cette extension de la sphère marchande issue des politiques de privatisation et de marchandisation. C’est certes une dimension importante mais pas la seule. Ce qui le caractérise, notemment par rapport au libéralisme classique, c’est l’introduction d’une normativité marchande là ou la logique marchande est absente. Ce propos implique une différentiation sur ce que l’on nomme le capitalisme . Le capitalisme au plan institutionnel productif et distributif ne recouvre pas toute la société puisqu’il y a des institutions politiques non marchandes comme la Sécurité sociale, les services publics, le statut du fonctionnaire, etc. De ce point de vue il est faux de parler de système capitaliste. Il s’agit seulement d’un capitalisme dominant. Par contre la rationalité capitaliste tend à recouvrir toute la société. Peu de lieux échappent à la logique marchande. C’est cela la marque propre du néolibéralsme. En ce sens on peut dire que le système capitaliste recouvre toute la société y compris ce qui semble le plus éloigné de lui tel la famille « travaillée » sous de multiples logiques capitalistes allant du licenciement au travailler plus, etc.
 
Dans ce cadre le droit n’intervient que comme procédé de légitimation, de mise forme. L’intervention du droit n’est pas sans opérer au passage des modifications. Il n’est pas neutre. Les juristes ont des contraintes d’accrochage du nouveau à l’ancien. Il doivent faire avec les pesanteurs du droit existant encodé. Mais ce que l’on nomme les libérlisations ont eu pour effet de casser peu à peu ces rigidités. Les libéralisations venant de l’OMC ou de l’Union européenne ou des néolibéraux français ont mis plusieurs années pour déconstruire le droit social antérieur conçu comme mixte de règles favorables au capital et de règles favorable au monde du travail.


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