sisyphe sisyphe 9 février 2010 12:16

Oui ; quel dommage que les taggeurs, qui ont investi l’espace privé et public des murs de la parole, n’y laissent que des noms, des logos, des signatures.
Que du graphisme ; plus de langue, ni même d’images ; dommage...

La parole est malheureusement abandonnée aux slogans abêtissants de la pub ; l’écrit disparait, au profit des images imposées et stériles des écrans envahissants...

Pour ma part, une des plus belles phrases que j’ai vu écrit, vers 68, était (probablement) celle d’un enfant ; je la restitue avec les fautes d’orthographe :

« quand je seré grand, je seré fosforécent »

puis, plus « social » :
- on ne vous transporte pas, on vous roule
- ouvrez les yeux, fermez la télé
- soyez réalistes ; demandez l’impossible

Poésie-utopie perdues, poussées dehors par les slogans des marchands, les marquages de territoire, la smserie, les expressions stéréotypées, l’abrutissement de la « com » , le « nouvel ordre moral »..

Les murs n’ont plus la parole ; ils ne font plus que bégayer des lettres, des signes, des stéréotypes ...

Prisonniers de l’image, captifs des clichés redondants de la consommation ; tristes trop picts..

Il reste les livres, la jubilation de la langue, des récits, de la pensée  ; les émotions de l’imaginaire...

p.s. : merci d’avoir publié les pochoirs de Miss Tic ; une des rares traces de la poésie qui illumine encore les murs de notre quotidien blafard et stéréotypé..


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