Philou017 Philou017 23 février 2010 21:44

Une approche intéressante du problème de la dollarisation :

http://www.bernardgirard.com/aligre/Dollarisation.html

Extrait :

Est-ce que cette dollarisation est politiquement réalisable ?

C’est la grande question. Les financiers argentins que l’on interroge disent que la perspective de la dollarisation n’a pas suscité de réaction de rejet. Il est vrai que depuis des années, l’Argentine a indexé le peso sur le dollar, 1 peso vaut 1 dollar, et que l’on utilise le dollar comme monnaie de transaction dans les affaires mais aussi au quotidien. Il paraît que 74% de l’épargne argentine est en dollars.

Mais c’est probablement une exception. En 1983, le ministre des finances israélien avait proposé une mesure de ce type. Il l’a aussitôt abandonnée devant les protestations unanimes de la population. Il est vrai que la dollarisation pose de vrais problèmes :

  • de perte d’indépendance de la politique économique : elle interdit, en pratique, de mener des politiques qui jouent sur l’inflation pour réduire les déficits ,
  • de perte de recettes pour les Etats. Une banque centrale doit conserver des réserves sur lesquelles elle perçoit des intérêts qui peuvent représenter des sommes considérables. Les intérêts que l’Argentine perçoit sur ses réserves représentent 2% des revenus de l’Etat. Or, la dollarisation suppose que ces réserves soient en dollars. Et si l’Etat veut récupérer ces revenus il faut que le Congrès américain accepte de payer, et cela n’a rien d’évident,
  • de fragilité du système financier. La dollarisation interdit en pratique de venir au secours d’établissements bancaires en difficultés. Il faudrait pour cela que la banque centrale américaine accepte de venir à la rescousse d’établissements installés à l’étranger, ce qui paraît improbable…

J’ajouterai enfin que c’est symboliquement se mettre sous la coupe d’un gouvernement étranger, ce qui n’est pas du goût de tout le monde.


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