dom (---.---.44.132) 16 mars 2006 13:01

M.de St.Cyr je ne suis pas sûr que vous ayez lu l’article jusqu’au bout... je me demande également si votre prêche est foncièrement anti-clérical ou carrément anti-spirituel ? Pourriez-vous clarifier votre propos sur ce point parceque si c’est d’un monde rabattu à ses seules closes matérielles c’est un non-avenir que vous placez devant nous.

La difficulté est toujours la même il semblerait, le fait d’aprofondir notre conscience nous oblige à constamment réorganiser notre pensée, signifiant par là-même que dans l’être humain il n’y a rien de plus instable ! Ce qui explique sans doute que la plupart cherchent des doctrines, des églises, des penseurs ou des gourous pour « fixer » leur pensée, souvent à l’aide de certitudes, soient-elles foncièrmeent humanistes et justes ou complètement mystifiées, elle feront aussi l’affaire.

Je vois dans cette obsession de stabilité mentale aussi le pouvoir dirigiste politique qui s’apuie entièrement sur cette fluctuation des opinions, changeant au gré des évènements comme si ceux-ci faisaient saison, mais les évènements peuvent rarement influer vraiment sur des compréhensions plus profondes de la vie pourtant escence-même de la soif des créatures ! Par exemple, ce n’est pas parcequ’un écolo vire tout à coup meurtrier de l’amant de sa femme que l’écologie en soi serait remise en cause. Pourtant nous pouvons sans peine distinguer ce genre de mouvements d’opinions qui se balancent comme les blés dans les champs.

Nous sommes habitués à la dualité des informations, ce n’est pas une critique, c’est un fait. Il y a deux formes d’informations, celles positives ou jugées telles et les infos négatives ou jugées comme telles. Entre les deux un vide que la plupart fuient. Ce vide est le plein de la voie du milieu de Lao Tseu par exemple qui veut simplement dire qu’il faut veiller soi-même à ne pas être entraîné dans la haine ou dans l’euphorie trop extrême parceque immanquablement nous perdons pied, nous perdons alors notre équilibre et ce qui en pâtit en nous est notre perception, nous verrons dès lors la réalité « masquée » par le dernier évènement qui fait date... alors on ne s’étonne pas trop que d’aucuns essaient de profiter de cette faiblesse humaine et veulent se profiler comme des maîtres à penser, mais la pensée en soi est vaine si elle n’est pas en lien avec notre coeur, c’est ce que d’autres ont très bien compris, organisant des horreurs pour que nos coeurs s’enferment dans la peur, ensuite plus aucune sagesse ne parvient plus à « monter » à la tête (c’est à dire conscientiser ses sentiments), car contrairement à la tendance de l’occident à sacraliser le cerveau, les pensées n’ont aucune solidité, même tournées en dogmes inébranlables, ils nous couvrent de fer, soient-ils religieux ou non. Tous les instructeurs ont mis l’accent sur cette troisième possibilité de la perception

La spiritualité n’a pas grand chose à voir finalement avec ces dogmes censés apaiser les craintes des enfers, ils sont souvent la cause des enfers sur terre, signifiant bien un aveuglemnt ou les dogmes deviennent plus importants que la réalité du vivant. On dirait que les trois religions du livre ont cette même tendance.

Ce qui importe pour une créature est de se savoir dans les bras amoureux de son créateur. Cette impulsion ne provient pas de la tête, mais des tripes quand vous êtes descendus au plus intime de vos frayeurs intimes, là où seul le secours de l’humilité peut servir. Mais la plupart cherchent à éviter ce qu’ils supposent un puits sans fond. Le miracle de l’existence n’est pas de notre fait et vivant une civilisation qui met cet élément incontournable en marge il est très difficile aux individus de conjuguer travail acharné pour récolter des copecs, élever des enfants, payer des impôts étrangleurs ET de s’exposer aux profondeurs de l’être. C’est pourquoi nous avons des positions très variées et des expériences qui doivent profiter aux autres. Rien ne nous indique parcontre que les individus sont tenus de suivre de grands mouvements idéologiques pour être en équilibre et fructifier leur assise dans la compréhension de la vie. Les dogmes sont aussi insaisissables que « bétonnés » ils se situent comme des angles de refuge à toute future investigation de l’être et en celà ils peuvent être dangereux, surtout si des fanatiques veulent pousser tout le monde dans ces angles uniquement rassurant pour eux-mêmes mais virant assez vite au châtiment pour les autres s’il faut les forcer au « salut » (oouuuaaark !). Ce genre de mouvements expliquent en partie comment des gens peuvent accepter honteusement de vraies activités de bourreaux (type exécutions publiques des talibans) sans être remises en cause, c’est la « propreté morale » qui peut aller jusqu’à trucider pour se faire entendre... on a des exemples de cette aberrante manière de procéder au nom de la divinité amoureuse. Ce sont de vrais blasphèmes si l’on veut utiliser les termes de l’ancient testament, des crimes contre la bonté de la source de vie et entraînant principalement des déséquilibres chez les personnes concernées (hormis ceux qui souffrent évidemment directement de tels agissements)les rendant plus méchants de jour en jour, s’éloignant donc inévitablement de la compréhension du vivant et rendant paralellement la mort toujours plus ouhaitable pour sortir de ces enfers.

Alors puisqu’il est bien question du vivant et non de l’au-delà comment pouvons-nous expliquer ue bon nombre de religions en ont fait leur crédo principal, cette vie dans l’au-delà sera « meilleure » et en plus elle stipule tous les mécanismes de souffrance justifiés pour « mériter » ces paradis hypothétiques qui, si l’on y prête attention, ne peuvent qu’être constitués de ce que les vivants aiment dans le vivant. De grands paradoxes donc qui méritent d’être remis à l’endroit. Me revient une si belle phrase que fait dire Kazanzaki au petit pauvre d’Assise ... « que verrouillez vous et dévérouillouez-vous scélérats ? dit le portier »l’enfer et le paradis, notre coeur !"

La spiritualité aide la créature à entrer en communion avec son monde , les religions ont cette tendance d’en éloigner les individus plus les dogmes sont établis, pré-établis, ré-établis. C’est pourquoi les instructeurs ont toujours mis l’accent sur l’église universelle du coeur dans le sens du lien de l’individu avec son créateur plutôt que de se perdre dans la multitude infinie de son environnement, mais ces enseignements ont pratiquement toujours été récupérés par des gens qui ne cherchent pas la sagesse mais le pouvoir, cette église de la compréhension mutuelle dans laquelle entre l’individu en quête de son créateur, cette église intérieure qui nous unit au vivant et à TOUTES ses manifestations est FORCEMENT celle de la tolérance absolue, celle des sensibles et des amoureux de la vie et a de fait toujours été contrecarrée par les dogmes en place, soient-ils des dogmes religieux préhistoriques ou guerriers matérialistes du XXIe. C’est toujours la même histoire.... vous en avez pas marre ? Moi si.


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