Massaliote 16 avril 2010 09:53

à Cosmic, extrait du rapport Mariton :« « (En France) Le nombre annuel d’IVG reste stable, à un niveau relativement élevé, alors que le taux d’utilisation des contraceptifs y est parmi les plus élevés d’Europe (moins de 5 % des femmes de 15 à 45 ans sexuellement actives et ne souhaitant pas avoir d’enfant déclarent ne pas utiliser, ou ne pas utiliser systématiquement, un moyen de contraception) et malgré le développement de la contraception d’urgence [2]. »

Avec un taux moyen de recours à l’IVG de 14, 5 pour 1000 en 2006 (nombre d’IVG pour mille femmes) qui ne fléchit pas malgré la multiplication des campagnes contraceptives lancées sans relâche par les autorités, on peut sans exagérer parler désormais d’un fléau de santé publique. Songeons que le pourcentage de pratique de l’avortement n’excède pas les 6,5 pour 1000 en Allemagne, malgré la réunification après la chute du mur de Berlin, l’Allemagne de l’Est étant pourtant à l’époque l’un des pays où le nombre d’IVG battait tous les records. Certains se satisfont en France d’un taux « relativement stable » à hauteur de 210 000 avortements par an. Ils oublient un peu vite que cela signifie concrètement que une grossesse sur cinq est interrompue par un avortement et que, selon l’Ined, près de 40 % des Françaises sont déjà passées par cette épreuve. Peu ou prou, nous sommes tous concernés ou le serons un jour, ne serait-ce qu’au travers de nos parents, proches ou amis.

Le satisfecit est d’autant plus malvenu qu’on note depuis quelque temps une augmentation régulière très inquiétante chez les jeunes femmes de moins de 20 ans, notamment chez les mineures de 15 à 17 ans : près de 9 % de croissance en un an entre 2005 et 2006. Trois grossesses sur cinq se terminent par une IVG chez les jeunes filles de moins de 18 ans. Tout se passe comme si l’utilisation massive des moyens anti-conceptionnels quels qu’ils soient (préservatif, pilule classique, du lendemain,…) débouchait sur un recours accru à l’avortement en cas d’échec, l’IVG apparaissant en définitive comme le meilleur moyen de finaliser son projet contraceptif. De quoi remettre en question le triomphalisme qui a prévalu ces dernières années martelant l’idée qu’une bonne information sur la contraception constituait le meilleur rempart contre l’emballement du recours à l’IVG.

Ces statistiques qui commencent heureusement à être connues en haut lieu ne sauraient laisser indifférents les responsables politiques. Dès lors, il devient urgent d’expliquer correctement ce phénomène d’essor de l’avortement dans une société où la couverture et l’information contraceptives ont atteint des sommets. »
 
Je maintiens que nous pourrions nous passer de cette exception française. Quant à lier cela à une politique nataliste, l’exemple allemand nous prouve qu’un moindre recours à l’IVG n’induit pas une démographie galopante.


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