Bulgroz 14 mai 2010 11:46

Les mises en garde de la Fédération Hospitalière à l’hopital de Carhaix ont été fréquentes et graves, rien n’a été fait.

Au problème de surmortalité, de maladies nosocomiales, de fuites (les patients vont d’autres hôpitaux tout aussi proches, Carhaix ne réalise que 31% des séjours par les patients résidant dans cette zone contre 90% pour les autres hôpitaux bretons), de déficits (taux d’endettement de 45% alors que le point médian des hopitaux est de 36%, un taux de déficit supérieur de 3,5% à celui retenu par le code de la santé publique pour qualifier la situation de dégradée) et de multiples autres indicateurs défavorables, s’est ajouté un problème qui plombe et qui génère de graves dérives l’hôpital de Carhaix : la sous activité.

  • un défaut d’attractivité pour les médecins :les praticiens souhaitent que l’établissement qui envisage de les recruter leur propose une activité suffisante pour les rémunérer.

  • A cette situation de sous-activité qui diminue les recettes se surajoutent les rémunérations médicales qui augmentent les charges. Les praticiens des spécialités en sous activité ont mis en place un système confortable financièrement, tranquille professionnellement, et peu contraignant, tandis que d’autres, en qualité de contractuels, ont des exigences financières élevées pour être recrutés.

  • Recours à l’intérim fréquent et surfacturés : en 2007, les intérims représentent l’équivalent de 3 praticiens pour un coût de 5,6.

  • A de nombreuses reprises, il a été relevé le fait que pour un certain nombre de praticiens en sus activité, les consultations privées sont supérieures aux consultations publiques ce qui est contraire à la législation

  • Le conseil national de la chirurgie a donné les recommandations suivantes :Le seuil minimum d’activité d’un bloc opératoire est de 2000 interventions par an, couvrant un bassin de population de 50 000 habitants. La Fédération Hospitalière de France ne retient même plus 2 000 séjours en chirurgie par an mais recommande 4 000 séjours, estimant qu’un patient court des risques sans un plateau technique complet et des équipes en nombre et qualité suffisants..Le nombre de séjours pour chirurgie a été de 1570 en 2007 (-3,8% par rapport à 2006). Carhais se situe donc à 22% en dessous de ce qui est considèré comme devoir être un Minimum.

Je passe sous silence les magouilles administratives pour masquer la sousactivité et rémunérer sans justification les intervenant (non collecte des heures de travail, d’atreintes, de congés, de repos).

RAPPORT DE MISSION AU CENTRE HOSPITALIER DE CARHAIX par la Direction de l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins (Mars 2008)

http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/084000258/0000.pdf

Il est donc temps que les citoyens de Carhais comprennent que la situation a assez duré et qu’ils réalisent que ce n’est pas Bachelot qui veut casser leur hôpital, mais les patients et les praticiens eux mêmes qui ne veulent y aller.

Est ce la faute au gouvernement si seulement 69% des patients résidant dans la zone Carhais pré ferrent aller à une autre maison besoin et si 77% de ceux qui ont besoin d’une chirurgie vont ailleurs ?

Tout cela n’a rien à voir avec la démocratie mais avec le bon sens et l’objectif d’une bonne gestion.


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