easy easy 28 juillet 2010 10:02


Les croyances (en un dieu, une surpuissance, un capitaine, un amour) semblent indispensables à l’homme au moins en ce qu’elles permettent ses coagulations avec d’autres (En ce moment, les Français qui pensent être sans religion, coagulent néanmoins autour d’un concept de république laïque)

Sans fonds de croyance commune, pas de peuple. Ce qui n’empêche pas que, dans une région donnée, des communautés coagulées autours de concepts un peu différents mais ayant tout de même quelque chose de commun, puissent cohabiter en paix.

Scander l’élimination d’une croyance, c’est déclarer la guerre à ses croyants, c’est les coaguler davantage, c’est créer des alliances inattendues entre leurs communautés jusque là rivales (Tous les abrahamistes rassemblés contre les croisés de la laïcité, de l’incroyance ou de l’antignose) 


Il m’est arrivé, à moi aussi de penser que tout aurait été tellement plus simple sans Abraham ; Moïse et leurs délires. Mais c’est justement que j’avais une vision paradisiaque du monde. 

J’en suis profondément convaincu, le monde des homme ne peut absolument pas fonctionner sans conflits. Le paradis, où tout est plan plan, sans émotions, sans risques, sans combats, sans adrénaline, nous n’en voulons pas comme nous ne voulons pas non plus de l’enfer. Nous adorons les situations sur le fil du rasoir, adrénalistiques, où l’on oscille entre presque paradis et presque enfer. Nous aimons jouer avec le feu, danser avec la mort. Peut-être pour exorciser notre peur de mourir, peut-être pour donner un sens à notre vie et à la vie.
 
Or les conflits, s’ils peuvent se concevoir d’individu à individu, passent très vite de groupe à groupe, pour des raisons faciles à comprendre. Et pour former un groupe, il lui faut une croyance commune. 

Ce que les agnostiques comme moi réalisent mal, c’est que vu depuis Téhéran, nos collégiens semblent endoctrinés à une religion. Certes, on n’y retrouve pas un dieu comme les monothéistes l’endentent, mais on y retrouve tout de même une quête d’idéal ; des récitations ; des statues ; des mausolées ; des panthéons ; des visions à encenser ; d’autres à rejeter ; et une disposition à se battre et à tuer pour pouvoir continuer à cultiver ces valeurs immatérielles, ces concepts. 


La position des agnostiques ou laïques dans mon genre est bien plus délicate qu’il n’y paraît.
Ici, dans ce milieu où elle règne, la laïcité semble purgée des supersititions, elle semble non dogmatique, elle semble objective, concrète et efficace. Mais ses résultats autour de quelques notions comme égalité, la fraternité, la liberté, le travail et la famille, peuvent aisément être raillés par d’autres. Et celui qui veut lui trouver des superstitions n’a qu’à se baisser. A commencer par celle qui consiste à ne même pas pouvoir concevoir qu’on puisse se passer d’élus, qu’il nous faille absolument être représentés par un gus en cigare.
Quand on offre le spectacle d’un peuple hystérisant sur le passage d’un chef, lui lançant des milliards de confettis, agitant frénétiquement des drapeaux, scandant son nom, se mobilisant quand il perd son chien ou sa pipe, hystérisant encore autour d’arènes sportivo-financières, on passe pour un peuple qui reproduit celui de la Rome Impériale. 

Le Monde est un souk. C’est très bien que chacun veuille en faire un paradis et c’est très bien que tous échouent.
 


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