Voltaire Voltaire 21 octobre 2010 15:11

J’ai bien peur d’être en désaccord avec vous sur l’essentiel de vos arguments.

La baisse de natalité est un phénomène commun à toutes les économies développées, même dans les pays nordiques où l’égalité homme-femme dans le travail et les services sociaux aux parents sont les plus avancés. Il serait trop long d’en débattre des causes sociologiques ici, mais atteindre le niveau de renouvellement de la population (un peu plus de 2 enfants par couple) ne peut être atteint par de simples mesures sociales, même si l’exemple français démontre que celles-ci peuvent avoir un certain effet positif.

L’immigration a de multiples facteurs, mais le premier d’entre eux est simplement qu’il existe un certain nombre de pays dans le monde où les conditions de vie (de survie...) sont très difficiles. Vu la politique actuelle de co-développement des pays occidentaux envers les pays en voie de développement, cette situation n’est pas prêt de finir, d’autant que les pays occidentaux se satisfont et même encouragent des systèmes dictatoriaux et/ou maffieux dans une majorité de pays qui empêchent tout décollage économique.

Quant aux questions de travail :

- il n’y a pas qu’un problème d’orientation à l’école. Il y a un problème de formation/exclusion. Laisser 15% d’une classe d’âge dans l’illétrisme est tout simplement suicidaire.

- La question des salaires pour certains métiers est réelle mais plus complexe. Comme d’autres commentaires l’indiquent, les primo-arrivant sont généralement très volontaristes dans leur désir de travailler, et il n’est pas évident que la société puisse si facilement supporter une hausse des coûts des biens et services concomittante à une hausse de salaires importante. En revanche, il est bien normal que ces primo-arrivants aspirent pour leurs enfants (et ces mêmss enfants) à des conditions de travail identiques à celles du reste de la population. La lutte contre la discrimination au travail constitue un élément clé de l’intégration. Néanmoins, la lutte contre le travail clandestin est effectivement un élément important d’une politique d’immigration régulée efficace, pourvue qu’elle s’accompagne de règles d’emploi plus souples (comment expliquer qu’un demandeur d’asile ne puisse pas chercher du travail par exemple, et donc soit donc un poids mort pour l’éconimie ? ) Une refonte des droits au travail des étrangers s’impose sans doute, comme de leurs conditions de naturalisation.

- Le regroupement familial est un droit de l’homme fondamental. Je vous invite à lire les textes afférents de l’ONU. Ceci n’exclue pas en revanche une adaptation de ce droit, en lien avec le droit du travail lui-même. Idéalement, il faudrait proposer un mécanisme qui permette et encourage une certaine immigration de travail à durée limitée (2-3 ans par exemple), renouvelable éventuellement après retour au pays d’origine pendant une certaine durée. Ceci permettrait au pays d’origine de bénéficier de la mane économique indispensable que représente les envois des travailleurs immigrés, limiterait l’intérêt du regroupement familial, et permettait aussi un retour plus important de travailleurs formés dans le pays d’origine. Mais la mise en oeuvre pratique d’une telle politique est bien entendu complexe. actuellement, il me semble que c’est surtout un accompagnement intégratif beaucoup plus conséquent de ce regroupement familial qui s’impose, de façon à ce que celui-ci ne soit pas simplement un élément de coût pour le pays d’accueil mais aussi de développement économique.


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