Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 10 février 2011 14:34

Encore deux coquilles : « le politique », « la gouvernement ». Décidément...

Mais la question de savoir s’il ne faudrait pas une dose de mandat impératif dans la politique actuelle paraît d’autant plus pertinente, que l’on voit mal comment le Traité de Lisbonne aurait-il pu être adopté dans un tel cadre après le résultat du référendum de mai 2005. Ou comment Jospin aurait pu battre un record de privatisations en 1997-2002, etc...

Quant aux coupoles syndicales, leur crise est évidente. Mais cette situation de conflit permanent avec la base n’empêche pas le proche conseiller du monde politique (Sarkozy compris) qu’est Alain Minc de saluer ouvertement leur comportement. Justement, pendant les mobilisations sur les retraites, nous avions écrit :

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/09/20/retrait es-un-projet-de-loi-accelere-v.html

En décembre 2009, Alain Minc déclarait au Parisien Dimanche :

http://www.leparisien.fr/politique/il-ne-faut-surtout-pas-augmenter-les-impots-27-12-2009-757362.php

(...)

Il y aura des tensions avec les syndicats, c’est normal. Je constate qu’au printemps, leur sens de l’intérêt général a été impressionnant pour canaliser le mécontentement. L’automne a été d’un calme absolu. Je dis chapeau bas aux syndicats ! Ils ont cogéré cette crise avec l’Etat. (...) S’il y avait un dixième du talent de l’état-major de la CGT au Medef, les choses iraient déjà mieux…

(...)

(fin de citation)

En septembre 2010, Minc persiste et signe (LCI, repris par l’AFP) :

http://videos.tf1.fr/infos/invite-politique-barbier/lci-alain-minc-est-l-invite-politique-de-christophe-barbier-6063771.html.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5imvzr8x7uXAEkBqlYbVNbGgM h6WA

Je pense qu’on est dans une chorégraphie où chacun joue son rôle avec beaucoup de responsabilité parce que les syndicats sont en France admirablement responsables.

(fin de citation)

Une dizaine de jours plus tard, François Hollande déclare au Monde :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/09/18/francois-hollande-la-decomposition-de-la-majorite-oblige-la-gauche-a-elever-le-niveau_1412871_823448_1.html

Je salue la responsabilité des syndicats qui, dans les manifestations, n’appellent pas au refus de toute réforme mais défendent une approche juste et pérenne. L’emploi des seniors est la question centrale.

(fin de citation)

Peut-on être plus clair ?

Un piège se referme : celui de l’illusion, entretenue depuis la Libération, d’une participation des citoyens au pouvoir réel. Lequel, dans la réalité, se trouve très éloigné de la politique de façade que l’on nous «  sert  ».

(fin de l’extrait)

A quels intérêts répondent des milieux politiques de plus en plus mécénisés et des coupoles syndicales de plus en plus proches du pouvoir économique ? Il est édifiant de faire le tour du site du « lobby d’intérêt général » Confrontations Europe :

http://www.confrontations.org/
http://www.confrontations.org/spip.php?rubrique19
http://www.confrontations.org/spip.php?rubrique18
http://www.confrontations.org/spip.php?rubrique33

Après l’adoption du Traité de Lisbonne par les parlementaires français, passant outre au vote populaire de 2005, on comprend mieux ce que représente l’article 89 de la Constitution :

http://www.legifrance.gouv.fr/html/constitution/constitution2.htm#titre16

Art. 89. - L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République sur proposition du Premier Ministre et aux membres du Parlement.

Le projet ou la proposition de révision doit être examiné dans les conditions de délai fixées au troisième alinéa de l’article 42 et voté par les deux assemblées en termes identiques. La révision est définitive après avoir été approuvée par référendum.

Toutefois, le projet de révision n’est pas présenté au référendum lorsque le Président de la République décide de le soumettre au Parlement convoqué en Congrès ; dans ce cas, le projet de révision n’est approuvé que s’il réunit la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. Le bureau du Congrès est celui de l’Assemblée Nationale.

(...)

(fin de l’extrait)

En clair : si vous pensez devoir gagner, organisez un référendum. Autrement, le Parlement est là pour vous dépanner...


Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/
http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia



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