fb (---.---.57.197) 19 avril 2006 12:06

Cher Méric,

le logiciel libre est une utopie en ce sens qu’il est en évolution constante. Le logiciel libre répond à une problématique économique de mutualisation doublée d’une sélection darwinienne ; la richesse n’est pas créée par les briques élémentaires mais par l’assemblage de ces briques entre elles. Par ailleurs, comme souvent, l’amalgame entre libre et gratuit est lié à la dénomination anglo-saxonne « Free Software » ; libre ici signifie (en simplifiant) le droit de pouvoir étudier, modifier et de redistribuer le logiciel.

Cette liberté offerte permet de s’affranchir d’un modèle économique où le client et ses données restent captifs au bon gré d’une seule entité et où la possibilité d’évolution est fort restreinte.

Ainsi, LaTex logiciel d’édition scientifique, bien qu’ayant 25 ans, est toujours maintenu et très en usage n’ayant pas d’équivalent satisfaisant dans les logiciels propriétaires. GMT est utilisé dans quasiment tous les labos de géographie et de cartographie du monde. Ces deux logiciels ont été créé au départ pour combler un besoin non satisfait à titre personnel ; la qualité, le bouche à oreille et la mutualisation ont fait le reste.

Dans le cadre d’un projet informatique d’envergure j’ai été amené à enrichir un logiciel libre et à bien sûr transmettre mes modifications à l’auteur car c’était, au regard des solutions propriétaires, la meilleure alternative en termes de qualité et d’efficacité (le coût n’entrant nullement en compte).

Si certains projets sont financés - maintenant - effectivement par de grosses sociétés cela ne remet en rien en cause l’esprit du logiciel libre. IBM, Sun, Google et autres considèrent qu’investir dans le développement des logiciels libres sert indirectement leurs intérêts alors qu’ils ne seraient pas capables eux-mêmes de mutualiser leurs efforts.

« Un logiciel gratuit ne génère pas de profit. Cela a pour conséquence une dichotomie : il y a bien une version gratuite en open source, utile mais peu utilisable. Si vous voulez une version utilisable et confortable, il faudra payer. Et il faudra payer d’autant plus cher qu’on souhaitera des fonctionnalités précises. Et du coup, on saute du logiciel libre au logiciel sur mesure qui est ce qu’il y a de plus cher ! »

Vous confondez visiblement le logiciel libre avec les freewares/sharewares qui souvent ne sont qu’un appât pour promouvoir un logiciel propriétaire. Sur votre conclusion si un logiciel libre ne vous convient pas totalement vous avez toujours la possibilité de le modifier ou de le faire modifier sur mesure, vous ne partez pas alors de rien ce qui est très différent du développement d’un logiciel sur mesure.

En revanche je vous rejoins sur le fait que n’importe qui ne peut pas modifier un logiciel - heureusement d’ailleurs - toutefois de plus en plus le logiciel libre est utilisé pour la formation des informaticiens en faisant contribuer sous la forme d’un projet ou d’un stage des étudiants de façon ponctuelle à un projet, c’est une très bonne école. Un logiciel est une œuvre de l’esprit avec des qualités esthétiques, certains développeurs y trouvent là un jeu à enrichir où à améliorer un logiciel. Ce n’est plus ni moins que l’esprit de hacker[*] qui existe depuis le début de l’informatique.

[*] À ne surtout pas confrondre avec « cracker » ou « pirate » ; un hacker recherche l’excellence technique.


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