Jezebiel 4 mars 2011 19:58

Cet article est un tissu d’âneries.

L’auteur dit : «  La seule chose que la loi interdise c’est la discrimination, l’appel à la haine contre autrui en raison de sa supposée appartenance à une supposée race ainsi que la négation des crimes contre l’humanité ce qui est à mon avis une des plus grosses conneries de ces 30 dernières années en matière de droit constitutionnel ».

Il n’est apparemment pas juriste, pour sortir de telles âneries.

Non seulement la négation des crimes contre l’humanité ne relève pas du droit constitutionnel, mais du droit pénal ; mais surtout l’auteur a tort quant au contenu de la loi. Exprimer publiquement (ou à une personne déterminée) une opinion raciste ou antisémite est, heureusement, interdit par la loi : c’est un délit, puni aux articles R624-3 à R624-5 du code pénal ; (et lorsque le délit est commis par voie de presse : aux articles 32 et 33 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse).

Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit.

L’auteur dit plus loin  : « Les hommes politiques ont-ils donc tellement peu confiance en la capacité de réfléxion de leurs administrés qu’ils leur interdisent à tout jamais de parler, d’exprimer qui ils sont au risque de trouver face à eux une opinion contraire et faire naître ainsi un réel débat démocratique ? »

On a vu le résultat au XX ème siècle. Les idées racistes et antisémites, qui ont été propagées dès la fin du XIX ème siècle et tout au long de la première moitié du XXème siècle, ont conduit au pire génocide que le monde ait jamais connu dans son histoire.

Et pourtant, le peuple qui a commis ce génocide était loin de manquer d’éducation. Qui aurait pu croire une seule seconde, dans les années 30, qu’un peuple fin et cultivé comme le peuple allemand allait sombrer dans l’extrème barbarie quelques années plus tard ? Personne.

La raison ne l’a pas emporté, bien au contraire.

C’est pour éviter qu’une telle tragédie ne se reproduise que les pays européens, dont la France, se sont ensuite dotés d’une législation qui permette de sanctionner pénalement tout acte ou parole raciste ou antisémite. Cette législation est indispensable, surtout dans les temps de crise économique que nous vivons, qui favorisent les extrèmes. Et tous ceux qui défendent le contraire, au nom de la liberté d’expression, sont soit des irresponsables, soit des racistes.

John Galliano est absolument indéfendable en l’occurrence. Ses propos sont odieux, et tombent sous le coup de la loi ; et le fait qu’il ait été poussé à bout ou qu’il fut sous l’emprise de l’alcool ne change rien à cela.


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