lundi 31 juillet - par christophecroshouplon

50 ans de cinéma SF - 2001 de Stanley Kubrick

Ainsi donc 2001 de Kubrick, sorti en 1968 et qui ouvre le cinéma SF contemporain. Dont il est à la fois la genèse et la quintessence. Ce film mythique, véritable énigme ayant laissé ses spectateurs absolument abasourdis, fut accueilli avec un immense embarras devant le sens profond de l’œuvre. 50 ans après on continue d’interroger la pellicule et d’interpréter les intentions de ce faiseur visionnaire d’allégories visant à traduire notre monde.

Une théorie dite du complot a prêté une collaboration entre Kubrick et la NASA pour créer de fausses séquences sur la Lune. Vrai ou faux, le secret demeure. Soulignons que toute l’œuvre du génial Stanley a pour cible la révélation de ce qui est caché. Révélation d’une véritable histoire à propos de la 1ere guerre mondiale en France dans Les sentiers de la gloire. Pedocriminalite des élites dans Lolita. Folie des puissants yankees et collisions avec les nazis dans Docteur Folamour. Manipulation mentale à des fins de violence dans Orange mécanique, Barry Lyndon puis Full metal Jacket. Folie des êtres déprogrammés dans Shining. Enfin sociétés occultes lucifériennes dans l’ultime Eyes Wide Shut. 2001 ne déroge donc pas à la règle.

Au commencement des temps, notre supposé ancêtre selon Darwin, maçon du 33e grade. Un chimpanzé. Seul. Apparait comme dans le jardin d’Eden un monolithe noir, sorte d’arbre de la connaissance trompeur, un écran noir mystérieux qui attire l’attention de tous telle une tentation. Révélation ou mystification de celle-ci. A son contact le chimpanzé devient fou, trouve un os qu’il transforme en arme et retourne sa colère contre les siens qu’il massacre. Puis jette en l’air son arme qui devient en un fondu enchainé un vaisseau spatial.

Sublime séquence d’ouverture sur la musique toute nietzschéenne, l’apôtre du Sur-Humain reptilien-luciférien. Ainsi parlait Zarathoustra donc, de Richard Strauss…

Nous sommes des millénaires plus tard. En 2001. Un vaisseau, une mission, l’homme à la recherche de la limite et de l’immensité de l’espace. En route vers Jupiter. L’Homme Dieu. Asservi à un ordinateur central, HAL 9000. Lequel HAL si on ajoute une lettre à chacune donne IBM, financeur du film et créateur de nos ordinateurs. Un homme dans le vaisseau, salarié IBM donc… Faussement libre, selon les préceptes de Lucifer ou de la Haute Franc Maçonnerie. Libre s'il obéit et fait ce que lui dicte la machine. En quête du Savoir et en conquête de l’espace et du temps. Et se prenant donc pour Dieu.

Sauf que le voyage intérieur et dans l’espace va conduire cet homme à se rebeller contre ce HAL tout puissant qui le manipule. L’homme, armé d’un tournevis, va débrancher la carte mère et donc le pouvoir de la machine sur lui. Puis libéré va être précipité à rebours dans l’espace-temps depuis ce jour de libération vers l’en dedans, comme jusqu’au cœur du ventre maternel. Il sera précipité dans une pièce immense et blanche au centre de laquelle trône le monolithe noir. Il le touchera, saura donc puis ainsi purifié redeviendra un fœtus prêt à un voyage vers une Terre Eden. Fin du film.

Double lecture donc. Chrétienne vs païenne. Foi vs matériel/science/technologies. Face à ce dilemme, l’homme seul choisit à rebours ce qui fut proposé à Adam et Eve par Lucifer, il choisit le chemin opposé et redevient le Premier Etre sur Terre après des millénaires de tentations. Il rejette science, déterminisme, technologie, asservissement, machine, pouvoir et désir de puissance. Et redevient fœtus.

Kubrick sans prendre parti met en scène et en images ce retour aux sources, à la source. Il démonte le mensonge depuis les origines et le fait par associations d’images et de savoirs, d’une manière extrêmement subtile et complexe à appréhender. Il utilise l’appel à l’imaginaire, appelle Le Beau Danube Bleu, compose une symphonie d’images énigmatiques et de paraboles. Ne délivre in fine que des pistes. Et attaque l’air de rien tout le plan funeste à la racine, par suggestions. Le trans-humanisme des élites de nos jours, les plans Blue Beam et HAARP, tout ça aurait parfaitement sa place dans la grille de lecture de ce film né il y a 50 ans et tellement en avance sur son temps qu’ il dépasse en intelligence le meilleur film de SF jamais réalisé de nos jours.

Œuvre totale, 2001 annonce, englobe et dépasse tout, tout ce qui va le suivre. Il est le commencement et la fin d’un genre qui a produit un nombre incalculable de chefs d’œuvres. Et reste LA référence absolue. Le Bien, le Mal, le Savoir et ses limites, la Foi et la Science, le Serpent et le Créateur. TOUT Y EST.

 

Bande annonce

 



25 réactions


  • pipiou 31 juillet 15:54

    Sauf qu’honnêtement aujourd’hui à regarder c’est une purge : énormément de longueurs, séquences « mystiques » ou allégoriques creuses et qui ne vont nulle part, décors kitschs.

    En fait ce qui a fait de ce film un mythe c’est tous les messages cachés qu’on est censé y voir et qui n’ont jamais existé, ce que l’auteur appelle les « lectures »
    Rien de génial dans ce film qui a beaucoup plus mal vieilli que la Planète des Singes de la même époque. Il y a eu beaucoup mieux depuis.

    Kubrick a été malin et a lui-même entretenu la légende de cette symbolique fantasmée.
    J’ai même vu un reportage où on attribuait au film Shining une réflexion sur le nazisme, c’est vous dire.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 31 juillet 17:06

      À l’auteur :
      « Une théorie dite du complot a prêté une collaboration entre Kubrick et la NASA pour créer de fausses séquences sur la Lune. Vrai ou faux, le secret demeure. »

      Ne faites-vous pas référence au Documentaire-fiction « canular » :
      « Opération Lune » de William Karel (Français)Première diffusion sur Arte : 1er avril 2004


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 1er août 10:04
      Opération Lune + générique complet + commentaires post diffusion - William Karelhttps://www.youtube.com/watch?v=izxRRmz5SmU

    • laertes laertes 1er août 14:51

      @pipiou : j’ai bien peur que vous n’ayez compris que peu de choses au film. Il n’y a aucune séquence mystique dans ce film et encore moins d’allégorie creuse. Il n’y a de plus aucun message caché car tout y est lumineux pour qui se donne la peine de regarder et s’ils n’existent pas pour vous c’est parce que vous n’avez rien compris au film.... Il n’y a non plus aucune symbolique fantasmée dans ce film... Décidément !.
      Si le sens du film nous échappe au premier abord c’est parce qu’il est omniprésent mais que le spectateur est trop emporté par les scènes spatiales spectaculaires (pour l’époque déjà).
      Ce qu’il faut toujours selon moi se demander dans un film c’est  : quel est le thème central du film ?
      Quand on se pose la question et qu’on se focalise sur elle on trouve IMMANQUABLEMENT la réponse en regardant le film car elle est comme je l’ai dit LUMINEUSE. Et c’est pour cette raison que 2001 est le plus grand film de Kubrick et le plus grand film de science fiction de l’histoire du cinéma.
      Ce qui est absolument étonnant c’est qu’à partir d’un roman extraordinaire de Clarke, Kubrick l’ai adapté pour en faire un chef d’oeuvre qui a une puissance nouvelle et une intensité sans pareil toujours renouvelée. Tous les films de Sf qui viendront après n’arriveront pas à atteindre ce niveau de traitement par les images d’un thème universel et profondément humain. Bouleversant !


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 1er août 15:23

      @laertes
      « on trouve IMMANQUABLEMENT la réponse en regardant le film car elle est comme je l’ai dit LUMINEUSE. »

      Et quelle est donc cette réponse lumineuse ? La suite de votre commentaire ne l’indique pas.



    • laertes laertes 1er août 15:27

      @Jean-Pierre Llabrés : Ce film parle de l’angoisse fondamentale de l’homme face à son environnement et de sa tentative désespérée de l’apaiser en cherchant toute sorte d’abri dont celui du langage et par extension celui de la technologie.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 1er août 17:11

      @laertes
      « cherchant toute sorte d’abri dont celui du langage et par extension celui de la technologie. »

      Votre interprétation est très discutable.

      « roman extraordinaire de Clarke »

      En réalité, Clarke et Kubrick ont co-écrit le scénario du film pendant son tournage. Le livre est paru lors de la sortie du film.


    • laertes laertes 2 août 19:09

      @Jean-Pierre Llabrés : non mon interprétation s’appuie sur de multiples plans. Regardez le film une nouvelle fois et vous verrez. Langage, technologie, angoisse sont le fil directeur de ce film........ la foi, autre calmant de l’angoisse est aussi à l’oeuvre...et quand je dis la foi, je veux dire aussi la science érigée en religion reçue par une omnipuissance obscure .
      Que Clarke ait écrit le scénario avec Kubrick ne change rien à l’affaire puisque c’est Kubrick qui avait la haute main sur la direction et donc...sur le scénario.... la preuve en est : le livre de Clarke (sorti avant ou après peu importe) est assez différent du scénario...On peut même dire que le thème central en est tout différent.


  • Fergus Fergus 31 juillet 17:23

    Bonjour, christophecroshouplon

    Je suis un fan de Kubrick. Un vrai.

    Mais pas un inconditionnel. La preuve : j’ai toujours considéré 2001 comme son pire film, une œuvre ratée qui ne vaut que par son intro sur la musique de Richard Strauss. Après quoi, de terribles longueurs, des décors ridicules, et un message d’une confondante puérilité.

    Parlez-moi d’Orange mécanique ou Barry Lyndon, et à un degré moindre de tous ses autres films. Mais 2001, non merci !


    • laertes laertes 1er août 15:30

      @Fergus : désolé Fergus, je ne suis pas d’accord. 2001 reste de loin son plus grand film et l’un aussi des plus grands films de l’histoire du cinéma.


  • HELIOS HELIOS 31 juillet 18:04

    ... comme un édifice, on commence par creuser les fondations, on coule le radier, les dalles, on elève les murs, on coiffe tout cela d’un toit et on passe au second oeuvre en décorant portes, fenêtres et balcons pour obtenir sa maison, la plus belle evidement et surtout l’achevement de l’Oeuvre.


    2001 l’odysée de l’espace fait partie de ces films fondateurs sur lesquels s’élèvent l’ensemble du genre SF au cinema. Peu importe ses imperfections, il reste, avec son réalisateur, une oeuvre majeure du genre « space opera » même si la fiction a depuis été rattrapée par la réalité.

    Est-il utile pour autant d’y chercher ce qui probablement n’existe pas ? 

    merci pour votre billet cinema.

    • La mouche du coche La mouche du coche 31 juillet 18:37

      @HELIOS

      .
      Sauf qu’il faut pour qu’un édifice ne s’enfonce pas, veiller d’abord à bien choisir le sol, ce qui n’est pas le cas dans ce film. En s’appuyant sur le mythe du darwinisme et des grands astronautes, (mythe pensant que les hommes proviennent d’un ensemencement de la terre par des extraterrestres), on voit que la base philosophique de ce film repose sur des idées fausses, jamais prouvées. En clair, votre édifice repose sur un sol mou et c’est pourquoi il a si terriblement vieilli avec de larges fissures partout. Malgré de jolies images, il ne passera pas le siècle. smiley

    • HELIOS HELIOS 31 juillet 18:44

      @La mouche du coche

      hmmm, que dire : dommage !

      Merci quand même, j’aurai essayé...

  • Aristide 31 juillet 19:04

    2001 ?


    Par contre, Kubrick a réalisé de vrais chef d’oeuvre qui n’ont pas pris une ride, revus récemment :

    Les sentiers de la Gloire avec un Kirk Douglas exceptionnel, une narration tirée au cordeau, enfin ... du vrai cinéma sans fioritures ni effets, ...

    Docteur Folamour et le génial Peter Sellers, une comédie ou tout est construit et pensé jusqu’au plus petit détail, aucune lourdeur et pourtant même la farce passe. La scène finale sur la « We Will Meet Again » de Vera Lynn est un vrai morceau d’anthologie.

    Shining avec un Nicholson inoubliable, la modestie des moyens au service de l’efficacité du récit, du jeu des acteurs. Une adaptation très libre d’un roman de Stephen King.

    Et pour finir ce brillant réquisitoire qu’est Full Metal Jacket, rien à jeter dans cette dénonciation de l’horreur de la guerre et surtout la description impeccable des comportements humains dans ces circonstances, on n’en sort pas indemne ...


  • coquecigrue coquecigrue 31 juillet 20:43

    50 ans ! Ö tempora , O mores !

     Qui d’entre vous avait 20 ans en 68 ? C’était AVANT.... 
    Avant le grand chambardement post 68 (positif et/ou négatif, tout dépend du point de vue ). N’empêche ! On ne peut pas juger sans anachronisme une oeuvre devenue obsolète, j’en conviens évidemment. Même moi, je ne retrouve pas l’émotion que m’a procurée ce film insolite, ce conte philosophique surréaliste. Sachant qu’à peine 1 an plus tard, des aventuriers américains gambadaient sur la lune, en direct sur notre poste en noir et blanc... à 384 000 km ! 
    Et en 2017, 48 ans après, on prétend m’éblouir avec les exploits de l’ISS (Station Spatiale Internationale), située à la distance Paris-Bordeaux, environ 420km ? 
    Je ne renierai jamais 2001 ! smiley


  • bob14 bob14 1er août 09:29
    Isaac Asimov a fait mieux et bien avant avec ses romans bien plus prenant que cette « série » Z qui n’en finie pas...Orange mécanique est nettement mieux !

    • laertes laertes 2 août 19:33

      @bob14 : Azimov a fait mieux bien avant ? Vous plaisantez ? Même dans les plus grands romans d’Azimov sur les robots et même si Kubrick a repris à son compte les lois de la robotique , il n’y a aucune séquence équivalente à l’extraordinaire scène de la déconnexion de Hal ! Seuls le cinéma et Kubrick pouvaient donner en quelques minutes une vision absolument bouleversante de la relation homme robot. Ce qu’Azimov n’a pas pu approcher, ne vous déplaise !


  • troletbuse troletbuse 1er août 10:00

    L’homme sur la Lune, c’est une légende et comme toutes les légendes, il y a un peu de vrai mais beaucoup de faux. smiley Il y a 48 ans, on envoyait des hommes à 380000 kms de la terre pour y mettre un réflecteur afin de connaître la distance Terre-Lune que l’on connaissait déjà et ramener des pierres de terre, sans problème aucun et aujourd’hui, on est obligé d’utiliser des lanceurs russes pour aller à 400 kms. Cherchez l’erreur


  • Gieller Gieller 1er août 13:13

    Nous n’avons pas la même lecture de ce film.
    L’hominidé ne tue pas les siens, il se défend (ainsi que les siens) des envahisseurs...
    Le monolithe instille la première étincelle d’intelligence, et permet la première trouvaille technologique qui changea la donne, modifia les équilibres pour permettre l’avènement de l’homme moderne qui se confrontera lui même bien plus tard à une intelligence supérieure, et à son créateur... qui va à nouveau permettre une évolution pour ouvrir l’ère de l’homme de l’espace.

    Bref, de toute manière la SF ne débute à mon avis pas avec ce film « moderne », il y eut déjà de beaux antécédents comme « Planète interdite » ou « Le village des damnés ». Et comme cité plus haut, d’autres films de la même époque sont pour moi tout aussi important, la Planète des singes, Soleil vert, L’age de cristal, etc. smiley


  • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 1er août 15:42

    « 2001 » est toujours un film de science-fiction.
    Quand on voit la station spatiale en orbite et surtout l’entrée phénoménale de la base lunaire Clavius, on en est extrêmement loin.
    Il faudrait le rebaptiser 2101 (et encore...).

    Idem pour Blade Runner (que j’ai revu récemment) qui présente pour 2019 un « Los Angeles » démesuré, des voyages interstellaires et des « réplicants » surhumains.


    • troletbuse troletbuse 1er août 16:18

      @ben_voyons_ !
      On ira même sur Mars avant  smiley
      Je ne me rappelle plus la date prévue. Même qu’ils ont étudié combien de temps 3 ou 4 astronautes pouvaient tenir ensemble dans quelques mètres cubes sans devenir fous et s’entretuer. Tout ca pour enfumer et faire croire que la Lune, c’est du pipi de chat pour y aller et en revenir.


  • alanhorus alanhorus 2 août 00:21

    https://www.youtube.com/watch?v=mH-ubgRkUxY
    Illuminati Symbolism in Stanley Kubrick’s « The Shining »
    https://www.youtube.com/watch?v=SHnm9V1bCV0
    666 dans bary lindon
    https://www.youtube.com/watch?v=06NGRY9XiBU
    2001 : A Space Odyssey Movie - High Masonic Occult Symbolism
    https://www.youtube.com/watch?v=zC0UUl1QgQ0
    Illuminati Symbolism in Kubrick’s « EYES WIDE SHUT » EXPOSED
    https://www.youtube.com/watch?v=HYJ9RWkQPFo
    Illuminati symbolism from Kubrick’s ’A Clockwork Orange’ REVEALED
    https://www.youtube.com/watch?v=86s8b7PlEW0
    Eyes Wide Shut - Red cloak unmasked !!! (film analysis)


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